Category Archives: Vie de l’Eglise

La chapelle Saint Bernard a 50 ans !

Déc 08, 19
alain
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A l’occasion de ses 50 ans,

Aperçu de l’histoire de la Chapelle

Origine

La chapelle Saint-Bernard de Montparnasse a ouvert ses portes le 1er septembre 1969, premier lieu de culte ouvert dans l’enceinte d’une gare parisienne. Elle fut nommée ainsi en reconnaissance de la persévérance d’un laïc, Victor Bucaille, conseiller de Paris engagé dès 1955 dans la reconstruction de l’ensemble Maine-Montparnasse, qui se démena pendant plus de 10 années pour faire advenir cette chapelle et dont le fils Bernard était décédé quelques temps avant son achèvement.

Saint-Bernard n’avait pas pour seule mission d’être un espace chrétien d’accueil et de prière pour les gens de passage. Mgr Marty, archevêque de Paris, lui avait demandé d’être un lieu de mise en œuvre des orientations du Concile Vatican 2. Jusqu’au début des années 2000 la chapelle a eu une organisation particulière : la responsabilité en était assurée par un Conseil élu de laïcs et un « prêtre accompagnateur » nommé par l’archevêché (sur proposition de trois noms par le Conseil). Le premier prêtre accompagnateur, Bernard Feillet, a apporté une contribution décisive aux débuts de la communauté Saint Bernard dans la voie tracée par Mgr Marty., Il se trouve qu’il vient de décéder début décembre 2019, juste 50 ans après.

Un lieu d’ouverture et de créativité

Si ce lieu est devenu ce qu’il est aujourd’hui c’est essentiellement par les apports de ceux qui ont y été accueillis, avec leurs questions, leurs sensibilités, leurs recherches et leurs différences.

Saint-Bernard a accueilli des artistes – nous sommes rive gauche – qui ont contribué à la décoration de cette chapelle (en particulier Pierre de Grauw qui a sculpté son mobilier), des poètes et des musiciens qui ont favorisé la qualité dans les célébrations.

Presque chaque week-end des concerts y ont été donnés par des amateurs ou des professionnels ; des groupes tels que « Les amis de Wilhelm Fürtwangler » s’y réunissaient,

Saint-Bernard a accueilli aussi des philosophes, des théologiens, des exégètes, des écrivains ,qui ont contribué à alimenter la réflexion et la recherche de Dieu à l’épreuve de l’athéisme contemporain. Plusieurs des aumôniers ou chapelains de Saint Bernard étaient largement connus pour leurs contributions théologiques et spirituelles. De 1981 à 2012, Maurice Bellet et Jean-Marie Martin y tenaient un séminaire tous les 15 jours. Joseph Moingt, Paul Valadier, Marie Balmary, Axel Jahn, Jean-Baptiste de Foucauld, Jean-Marie Petitclerc, Sylvie Germain, Jacques Musset, pour n’en citer que quelques-uns, y ont donné des conférences. Les « Amis de Jean Sullivan » s’y sont réunis pendant des années. Récemment un texte élaboré par un groupe de travail de Saint Bernard (« Pour une évolution du langage de la foi ») a retenu l’attention de la Conférence des évêques de France.

Mais Saint Bernard a été aussi un lieu d’accueil des gens de la rue, des personnes en attente d’un train, en recherche d’un lieu pour dormir, … La chapelle a accueilli en 1975 les prostituées en révolte lorsqu’elles “ont pris la parole” et a aussi abrité une grève de la faim d’immigrés en attente de papiers officiels. Pendant plusieurs années St. Bernard a été le lieu de réunion d’un groupe “David et Jonathan”, mouvement homosexuel chrétien et un groupe SNC (Solidarités nouvelles contre le chômage)

Mais surtout Saint-Bernard rassemblait des femmes et des hommes, porteurs d’interrogations sur leur foi – questionnements surgis souvent d’un engagement chrétien très fort remis en cause par des évènements personnels, professionnels ou familiaux – mais porteurs aussi d’un souci de coresponsabilité au service de la pastorale : travailleurs, chômeurs, retraités, hommes et femmes, mais aussi prêtres, religieuses ou religieux, engagés par ailleurs, mais qui appréciaient ce lieu en retrait et, en retour, qui lui apportaient un regard extérieur et aussi des contributions en matière de liturgie ou d’animation. On peut citer parmi beaucoup Charles Barrelier, Edmond Vandermeersch sj, Michel Grolleau, Xavier Lerolle, Jean-Claude Huvé sj.. En pratique il y avait le public des dimanches et des soirées qui se ressourçait dans l’amitié et la prière à la messe de 11 heures le dimanche (liturgies de style « St Bernard ») ou en soirée ou le samedi (conférences, groupes d’échanges, travail sur l’intelligence de la foi, notamment Evangile et Actualité lancé avec Gabriel Ringlet il y a 15 ans…) et le public de semaine (gens de passage, parfois de la rue, travailleurs du quartier) à qui étaient proposés accueil permanent, messes et groupes d’échanges ou de réflexion, ou simplement un lieu où se recueillir, à la frontière de l’agitation extérieure.

En 2001 les statuts de la chapelle ont été modifiés avec le diocèse pour être plus en harmonie avec l’air du temps : le prêtre n’était plus accompagnateur mais responsable en dernier ressort après avis du Conseil.

En 2013 la chapelle Saint Bernard a été désignée comme point d’attache de la communauté Sant’Egidio à Paris. Il y a donc eu à partir de ce moment deux communautés dans le cadre de la chapelle. La synergie qui avait été espérée n’a pas vraiment fonctionné. On en était dans des tentatives pour stabiliser un nouveau mode de fonctionnement multipolaire lorsqu’une nouvelle radicale est tombée en juin 2018  : la chapelle devait être fermée. D’abord pour des travaux dans la gare qui n’étaient que temporaires ; puis il s’est révélé que la chapelle ne respectait pas les normes actuelles de sécurité. De gros travaux doivent être entrepris et la réouverture n’interviendra pas avant septembre 2020 au mieux.

Alors est-ce un coup d’arrêt ou l’occasion d’un rebond ?

Sur les 50 ans passés on peut dire que le projet initial de Saint Bernard a bien fonctionné pendant 30 ans ; il a fait vivre l’esprit de Vatican 2 et il a attiré des chrétiens en recherche « d’autre chose » sur tout Paris et la banlieue Sud. Depuis 20 ans elle a plutôt essayé de survivre dans un cadre qui n’était plus porteur ; il est difficile de faire la part entre un possible désintérêt des nouvelles générations pour l’approche qui y est pratiquée et le fait que cette approche était loin des orientations de l’Eglise de Paris. La communauté St Bernard s’est très peu renouvelée, elle est vieillissante ; son rayonnement a progressivement diminué.

Pourtant l’Eglise bouge, même si on n’en perçoit encore que des signaux faibles, et l’Esprit est à l’œuvre en nous comme en d’autres ! Alors on se prend à rêver d’un nouveau projet qui ne serait pas uniquement celui de Saint Bernard mais pourrait être celui d’un réseau de plusieurs lieux dans Paris : par exemple, être une porte ouverte pour la « diaspora chrétienne » de Paris, ceux qui ne sont plus dans les églises paroissiales classiques pour des raisons très diverses, mais qui gardent une flamme de foi encore allumée en eux. Les membres de Saint Bernard, porteurs d’une expérience riche, pourraient s’investir dans la l’élaboration et la mise en œuvre d’un tel projet, qui n’implique pas, bien sûr, de renoncer aux fonctions d’accueil et d’animation locales sur le site de la gare Montparnasse.

Aumôniers ou chapelains

2013-….. _ Jérôme Thuault , avec Pierre Géry à partir de 2014 pour l’accompagnement de la communauté St Bernard
2006-2013 _ Michel Cerles
2001-2006 _ Louis Valentin
1998-2000 _ Antoine Delzant (+ 2013)
1994-1998 _ Guy Lafont
1988-1994 _ Jacques Legoédec (+ 2007)
1980-1988 _ Jean Rogues (+2018)
1977-1980 _ Marie-Jean Mossant (+1994)
1977-1977 _ Pierre Talec (+2016)
1969-1977 _ Bernard Feillet (+2019)

Coordinateurs (du plus récent au plus ancien)

  • Georges Marin
  • Maja Siemek
  • Michel Donzel
  • Jean Gauvin
  • Sylvie Coisne
  • Marie-Hélène Peyrache
  • Christian Lesrel
  • Alain Lockart
  • Paul Reynaud
  • M-Pierre Corrèze
  • Albert Juillet
  • Marie-Agnès Bourdeau
  • Jean-François Pernot
  • Michaëlle de Cock
  • Jean-Luc Maxence
  • Edith Bernard
  • Jacques Lejeune
  • Henri-Jacques Stiker

 

Réponse du Pape François à notre texte “Pour une évolution du langage de la foi”

Août 17, 19
alain
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Réponse du Pape François au texte envoyé par le groupe de la Chapelle Saint Bernard

« Pour une évolution du langage de la Foi »

 

Le 26 octobre 2018, le groupe constitué dans le cadre de la Chapelle Saint Bernard (Paris), « pour une évolution du langage de la Foi » a reçu, de la Secrétairerie d’Etat du Vatican, la lettre suivante :

Messieurs, chers amis,

La lettre accompagnée de votre contribution ; « Pour une évolution du langage de la Foi », que vous avez adressée à sa Sainteté le pape François, lui est bien parvenue. Il m’a chargé de vous en remercier. Le Saint Père vous assure de sa prière pour vous ainsi que pour tous vos proches.

Comme il l’a écrit dans l’exhortation apostolique « Evangelii Gaudium », si quelque chose doit saintement nous préoccuper et inquiéter notre conscience, c’est que tant de nos frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l’amitié de Jésus-Christ, sans une communauté de foi qui les accueille, sans un horizon de sens et de vie (n 49) » Aussi, en confiant vos personnes et votre réflexion au Seigneur, par l’intercession de la Vierge Marie,, pour qu’il vous aide à « mieux communiquer la vérité de l’Evangile dans un contexte déterminé » (ibidem 45), en fidélité à la foi reçue des Apôtres, le Saint père vous bénit de grand cœur, ainsi que tous vos proches. Il vous demande aussi de prier pour lui et pour sa mission. Soyez assurés, Messieurs, chers amis, de mon dévouement, dans le Seigneur.

Mgr Paolo Bergin, assesseur

Destinataires. Cette lettre était adressée à MM. Alain Goy et Alain Vivet, qui sont respectivement l’animateur du groupe de travail et le rédacteur du texte, mais aussi, bien entendu, à tous les membres du groupe.

Remarques. Au-delà des remerciements et bénédictions qu’il leur adresse, les membres du groupe apprécient que le Pape, par la plume de son assesseur, fasse référence, à deux reprises, au texte de l’exhortation apostolique « Evangelii Gaudium » et qu’il les associe ainsi à tous les évangélisateurs, auxquels cette encyclique est destinée. Il nous conforte aussi dans la mission que nous nous sommes donnée, celle de mieux communiquer la vérité de l’Evangile dans le « contexte » où nous nous trouvons, c’est-à-dire celui d’une société dont le langage a considérablement évolué au cours des derniers siècles.

De plus, en nous invitant à « rester fidèles à la foi reçue des Apôtres », le Pape François veut, sans doute nous conforter dans l’orientation que nous avons adoptée depuis le début, à savoir celle de rechercher la vérité du Christ dans les textes aussi proches que possible de la vie et de l’expérience des apôtres, plutôt que dans certains développements ultérieurs, trop éloignés de cette époque, et donc moins fiables. En nous recommandant, de manière très spéciale, la lecture d’ Evangelii Gaudium, qui contient des conseils fort utiles pour mieux comprendre la vérité des textes  provenant du temps  des apôtres (cf. § 147) ,François montre qu’il comprend et approuve notre démarche, qui s’inspire aussi de celle de Joseph Moingt dans son dernier ouvrage  ( L’esprit du Christianisme ).

 

Lien sur le texte”Pour une évolution du langage de la foi” :

Pour une évolution du langage de la foi 2017 10 22

>>>

Déc 10, 18
jerome
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La chapelle Saint-Bernard est temporairement fermée au public, en raison des travaux engagés par la SNCF pour rénover la gare Montparnasse, et des nuisances qu’ils occasionnent pour la chapelle.

Néanmoins, la chapelle fait face à des charges incompressibles : charges de copropriété, abonnements EDF et téléphone…

En outre, la commission de sécurité nous a imposé des mises aux normes à réaliser en de brefs délais.

Votre soutien financier est donc nécessaire pour assurer la pérennité de la vie de la chapelle, qui vous accueillera, chaque fois que vous avez besoin d’elle !

Comment donner ?

Des enveloppes – avec note d’information et bulletin de don – sont à votre disposition au fond de la chapelle.

Merci de votre soutien !

Père Jérôme THUAULT et les membres du Conseil aux Affaires Economiques

Message de Mgr Aupetit

Sep 07, 18
jerome
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Message de Mgr Aupetit aux fidèles du diocèse de Paris

À propos de la « Lettre du pape François au Peuple de Dieu » du 20 août 2018

 

Paris, dimanche 9 septembre 2018

Chers frères et sœurs,

La fin de l’été a été marquée par la révélation d’une enquête de grande ampleur autour d’abus sexuels divers qui ont blessé profondément des personnes et qui ont fragilisé la confiance des fidèles envers l’Église.

Le pape François a choisi de s’adresser à tous dans une « Lettre au Peuple de Dieu ». Elle marque une étape supplémentaire dans un combat engagé résolument depuis le pontificat de Benoît XVI. J’ai demandé à tous les curés de Paris de bien vouloir vous transmettre ce message.

 

Comment allons-nous répondre à cet appel ?

« L’ampleur et la gravité des faits exigent que nous réagissions de manière globale et communautaire » (Pape François, Lettre au Peuple de Dieu, 2). J’appelle chaque fidèle du diocèse, laïcs, prêtres, diacres et consacrés, à prendre le temps de lire attentivement cette lettre.

 

« Il est urgent de réaffirmer une fois encore notre engagement pour garantir la protection des mineurs et des adultes vulnérables » (Lettre au Peuple de Dieu, introduction). Je voudrais vous redire combien le diocèse de Paris est pleinement engagé dans ce processus depuis des années, avec un dispositif renforcé pour l’écoute des personnes blessées, l’accompagnement, la pleine collaboration avec les autorités civiles et la prévention. À la suite du pape François, j’appelle chacun à ne jamais choisir un silence complice avec le mal, en gardant toujours le sens de la responsabilité : « Rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu » (Matthieu 10, 26).

 

« Dire non aux abus, c’est dire non, de façon catégorique, à toute forme de cléricalisme. » (2, §4)

Voyons dans ces paroles du pape un appel à une conversion profonde pour en finir avec une « culture de l’abus » qui concerne aussi bien les abus sexuels, de pouvoir et de conscience. Au mois de juin, lors de la messe d’ordination des nouveaux prêtres, je rappelais combien « ce qui nous est remis, c’est l’autorité qui consiste à faire grandir, en les respectant, ceux vers qui nous sommes envoyés » (Homélie du 24 juin 2018). Le prêtre est au service de la vie des baptisés. Pasteurs et laïcs, en nous soutenant les uns les autres dans nos missions propres, puissions-nous porter au monde la vie du Christ, pauvre, chaste et obéissant.

 

Je demande aux conseils pastoraux et à tous les responsables de communautés, à partir de ce qui a déjà été mis en œuvre dans le diocèse, de travailler aux moyens concrets d’éviter de tels scandales. En portant ensemble la souffrance des victimes, dans l’espérance invincible que Dieu nous donne, je vous bénis en cette rentrée et me confie à votre prière.

 

+ Michel Aupetit

Archevêque de Paris

Diagnostic

Août 26, 18
jerome
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Dans son éditorial du 26 août, le père Jean-Loup Lacroix, curé-doyen de Saint-Sulpice (6e) exprime sa souffrance face au scandale de la pédophilie qui secoue l’Eglise et commente brièvement la lettre que le Pape François a adressée au peuple de Dieu, en date du 20 août. Nous reproduisons ici son propos.

*******

La belle fête de ce 15 août s’est transformée pour nous en jour de deuil. Une enquête publiée ce jour-là, montre le nombre effrayant des enfants qui furent les victimes de prêtres dans un état américain depuis 70 ans. Elle montre aussi comment leurs souffrances furent mésestimées et les crimes commis systématiquement dissimulés.

Je veux dire ma honte. Les prêtres criminels sont mes frères. Ceux qui n’ont pas pris les mesures appropriées sont des pasteurs de l’Église, comme je le suis à mon niveau.

Il m’arrive souvent de faire mon propre examen de conscience. J’ai été supérieur d’un grand séminaire. Ai-je toujours fait tout ce qu’il fallait ? Dans les affaires les plus lamentables que j’ai eu à connaître aucun enfant n’était en cause. Si cela avait été le cas, qu’aurais-je fait ?

Nos évêques sont accusés pour leurs négligences, et aussi pour leurs erreurs de jugement. Je sais par expérience personnelle qu’on peut ne pas avoir été négligent et se tromper quand même. La confiance que l’on fait à quelqu’un n’est pas toujours récompensée.

Le Pape a pris la parole. Il nous dit que la crise des abus des prêtres est une épreuve pour toute l’Église. C’est le Peuple de Dieu tout entier qui doit se mobiliser pour affronter la crise où nous sommes. Son diagnostic est plus précis. Pour lui, une partie importante du problème, c’est le cléricalisme.

Je suis persuadé que ce diagnostic est juste. C’est là où les pasteurs de l’Église s’attribuent des droits et immunités qu’ils n’ont pas à avoir que des hommes pervers peuvent trouver place dans le clergé. Surtout, une Église corrompue par le cléricalisme est une Église qui ne regarde pas dans la bonne direction. Elle se complaît en elle-même au lieu de se tourner vers les « petits ». Pourquoi est-on resté si indifférent au sort des victimes ? Le Pape résume ainsi sa réponse : « Nous avons négligé et abandonné les petits. »

Le Pape demande que l’Église tout entière se mette en prière et qu’on aille jusqu’à jeûner. Là aussi, il a raison.

Père Jean-Loup Lacroix
Curé-doyen de la paroisse Saint-Sulpice

L’appel à la sainteté #4

Juil 05, 18
jerome
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Après avoir identifié des critères de sainteté dans l’Ecriture (l’Evangile des Béatitudes (Mt 5), d’une part, et la parabole du Jugement dernier (Mt 25) d’autre part), le pape François donne des orientations précises pour vivre la sainteté aujourd’hui. Il n’a pas la prétention de nous transmettre un cadre très détaillé, mais plutôt « quelques caractéristiques » nous permettant de vivre à la manière du Christ dans le monde contemporain.

Le contexte dans lequel nous vivons est marqué par « l’anxiété nerveuse et violente qui nous disperse et nous affaiblit ; la négativité et la tristesse ; l’acédie commode, consumériste et égoïste ; l’individualisme et de nombreuses formes de fausses spiritualité sans rencontre avec Dieu. » (GE n°111) Fort de ce constat, le pape François nous confie 5 recommandations pour répondre avec sainteté aux défis de notre temps :

  • « Endurance, patience et douceur » : trois facettes d’une même attitude, afin d’être en paix, même lorsque tout s’agite autour de nous. Il faut s’humilier, à l’exemple du Christ, écrit François, même si « le monde se moque d’une pareille proposition » (GE n°120).
  • « joie et sens de l’humour » : véritable leitmotiv du pape François, qui a consacré une large place à la joie dans tous les grands textes de son pontificat
  • « audace et ferveur » : afin de ne pas vivre paralysés par le peur mais toujours portés par le dynamisme de l’Esprit
  • « en communauté » : car le combat pour la sainteté peut s’avérer difficile à mener. Il est beau de parcourir ensemble ce chemin. Le pape François rappelle ceux que l’Eglise a canonisés ensemble : les sept fondateurs de l’ordre des Servites de Marie, saint Paul Miki et ses compagnons (martyrs au Japon), les moines de Tibhirine (qui seront béatifiés prochainement).
  • « en prière constante » : car la sainteté commence dans la contemplation de celui qui est le seul Saint.

se procurer l’exhortation apostolique (3,50 €)


L’appel à la sainteté #3

Le chapitre 3 de Gaudete et Exsultate rappelle les principaux critères de sainteté, que le pape François extrait de deux textes fondamentaux de l’Evangile : les Béatitudes (Mt 5) et la parabole du jugement dernier (Mt 25,31-46).

Fidèle à son habitude, le pape nous exhorte à prendre au sérieux l’Evangile, et en cherchant à le mettre en pratique. Il connait bien la tentation – répandue dans notre pays – de réduire le texte biblique à un objet d’étude. “Le christianisme est d’abord fait pour être pratiqué, et s’il est objet de réflexion, ceci n’est valable que quand il nous aide à incarner l’Evangile dans la vie quotidienne” (GE n°109).

Chaque commentaire des béatitudes se termine par cette conclusion: “c’est ça la sainteté!”

  • Être pauvre de cœur, c’est cela la sainteté !
  • Réagir avec une humble douceur, c’est cela la sainteté !
  • Savoir pleurer avec les autres, c’est cela la sainteté !
  • Rechercher la justice avec faim et soif, c’est cela la sainteté !
  • Regarder et agir avec miséricorde, c’est cela la sainteté !
  • Garder le cœur pur de tout ce qui souille l’amour, c’est cela la sainteté !
  • Semer la paix autour de nous, c’est cela la sainteté !
  • Accepter chaque jour le chemin de l’Évangile même s’il nous crée des problèmes, c’est cela la sainteté !


L’appel à la sainteté #2

Dans le chapitre 2 de son exhortation, le pape François met en garde contre « deux ennemis subtils » de la sainteté. Il s’agit de deux attitudes qu’il considère comme particulièrement pernicieuses. Du reste, il les avait déjà dénoncées dans sa première exhortation « la joie de l’Evangile. » (GE n°94)

Gnosticisme et pélagianisme : voilà deux attitudes qui sont incompatibles avec la sainteté chrétienne. Les termes ne datent pas d’aujourd’hui puisqu’il s’agit, en réalité, de deux hérésies chrétiennes des premiers siècles, et qui tendent à réapparaitre sous des formes nouvelles à notre époque.

Les gnostiques réduisaient la foi à un savoir, exaltant la connaissance, et oubliant que c’est toujours le Seigneur qui fait le premier pas. Il se révèle à nous. « Il a toujours été très clair – écrit François – que la perfection des personnes se mesure par leur degré de charité et non par la quantité des données et des connaissances qu’elles accumulent. »

En bref, s’il est important d’approfondir sa foi, cherchant à mieux connaitre les Ecritures ou la doctrine de l’Eglise, attention à la fausse sécurité que provoque la connaissance ! L’humilité reste la voie la plus sûre de sainteté.

Le pélagianisme consiste à exalter la volonté humaine. Or la sainteté n’est pas uniquement question de volonté ou de force personnelle. Citant une formule de St Bonaventure, François rappelle que « tous ne peuvent pas tout »,. « L’absence de la reconnaissance sincère, douloureuse et priante de nos limites est ce qui empêche la grâce de mieux agir en nous » (n°50)

Devenir saint demande certainement un effort, une conversion de notre part… mais le premier pas à accomplir, c’est de laisser la grâce de Dieu pénétrer dans nos vies.

texte intégral sur le site vatican.va


L’appel à la sainteté #1

Pour ce temps de Pâques, le pape François nous a offert un petit texte « lumineux », comme s’il voulait s’assurer que nous ne vivions pas cette Pâque de façon routinière, mais comme une véritable résurrection !

Dans son exhortation apostolique intitulée Gaudete et exsultate, François nous invite à accueillir à frais nouveau l’appel à la sainteté. Se refusant à écrire un traité sur la sainteté, il préfère – dans le 1e chapitre – nous interpeller et nous faire partager son expérience de pasteur. Il a rencontré, accompagné tant de personnes qu’il a en mémoire de nombreux témoignages de saints : « les parents qui éduquent leurs enfants avec amour, les hommes et les femmes qui travaillent pour apporter le pain à la maison, les malades et les religieuses âgées qui continuent de sourire… » (n°7)

En nous parlant des « saints de la porte d’à côté », le pape fait un clin d’œil à Madeleine Delbrêl, qui après sa conversion et son installation à Ivry avec quelques compagnes, avait découvert la « sainteté des gens ordinaires. »

Nous sommes tous concernés par l’appel de Dieu à « embellir » nos vies par l’accueil de l’Evangile. Le défi, écrit le pape, est de « vivre son propre engagement de façon à ce que les efforts aient un sens évangélique et nous identifient toujours davantage à Jésus-Christ ! » (n°28)

« Laisse la grâce de ton baptême porter du fruit dans un cheminement de sainteté ! »  (n°15)

Jérôme Thuault +

La “mystique” de vivre ensemble – 7e dim de Pâques

Mai 14, 18
jerome
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Avant de quitter les siens pour partir vers le Père, le Seigneur, dans une belle prière, pria afin que soient gardés dans l’unité ceux qu’il avait rassemblés (Jn 17, 12).

C’est le mystère de l’Eglise qui est placée sous nos regards, ce dimanche : communauté fragile, instrument de salut, corps mystique du Christ. Dans son exhortation apostolique intitulée La joie de l’Evangile, le pape François avait pris le temps de nous redire combien la dimension communautaire est fondamentale pour que nos vies chrétiennes s’épanouissent et que le message de l’Evangile soit annoncé au monde. “Ne nous laissons pas voler la Communauté !”, avait-il conclu. Prenons le temps aujourd’hui de relire ses propos.

 


Oui aux relations nouvelles engendrées par Jésus Christ

87. De nos jours, alors que les réseaux et les instruments de la communication humaine ont atteint un niveau de développement inédit, nous ressentons la nécessité de découvrir et de transmettre la “mystique” de vivre ensemble, de se mélanger, de se rencontrer, de se prendre dans les bras, de se soutenir, de participer à cette marée un peu chaotique qui peut se transformer en une véritable expérience de fraternité, en une caravane solidaire, en un saint pèlerinage. Ainsi, les plus grandes possibilités de communication se transformeront en plus grandes possibilités de rencontre et de solidarité entre tous. Si nous pouvions suivre ce chemin, ce serait une très bonne chose, très régénératrice, très libératrice, très génératrice d’espérance ! Sortir de soi-même pour s’unir aux autres fait du bien. S’enfermer sur soi-même signifie goûter au venin amer de l’immanence, et en tout choix égoïste que nous faisons, l’humanité aura le dessous.

88. L’idéal chrétien invitera toujours à dépasser le soupçon, le manque de confiance permanent, la peur d’être envahi, les comportements défensifs que le monde actuel nous impose. Beaucoup essaient de fuir les autres pour une vie privée confortable, ou pour le cercle restreint des plus intimes, et renoncent au réalisme de la dimension sociale de l’Évangile. Car, de même que certains voudraient un Christ purement spirituel, sans chair ni croix, de même ils visent des relations interpersonnelles seulement à travers des appareils sophistiqués, des écrans et des systèmes qu’on peut mettre en marche et arrêter sur commande. Pendant ce temps-là l’Évangile nous invite toujours à courir le risque de la rencontre avec le visage de l’autre, avec sa présence physique qui interpelle, avec sa souffrance et ses demandes, avec sa joie contagieuse dans un constant corps à corps. La foi authentique dans le Fils de Dieu fait chair est inséparable du don de soi, de l’appartenance à la communauté, du service, de la réconciliation avec la chair des autres. Dans son incarnation, le Fils de Dieu nous a invités à la révolution de la tendresse.

89. L’isolement, qui est une forme de l’immanentisme, peut s’exprimer dans une fausse autonomie qui exclut Dieu et qui pourtant peut aussi trouver dans le religieux une forme d’esprit de consommation spirituelle à la portée de son individualisme maladif. Le retour au sacré et la recherche spirituelle qui caractérisent notre époque, sont des phénomènes ambigus. Mais plus que l’athéisme, aujourd’hui nous sommes face au défi de répondre adéquatement à la soif de Dieu de beaucoup de personnes, afin qu’elles ne cherchent pas à l’assouvir avec des propositions aliénantes ou avec un Jésus Christ sans chair et sans un engagement avec l’autre. Si elles ne trouvent pas dans l’Église une spiritualité qui les guérisse, les libère, les comble de vie et de paix et les appelle en même temps à la communion solidaire et à la fécondité missionnaire, elles finiront par être trompées par des propositions qui n’humanisent pas ni ne rendent gloire à Dieu.

90. Les formes propres à la religiosité populaire sont incarnées, parce qu’elles sont nées de l’incarnation de la foi chrétienne dans une culture populaire. Pour cela même, elles incluent une relation personnelle, non pas avec des énergies qui harmonisent mais avec Dieu, avec Jésus Christ, avec Marie, avec un saint. Ils ont un corps, ils ont des visages. Les formes propres à la religiosité populaire sont adaptées pour nourrir des potentialités relationnelles et non pas tant des fuites individualistes. En d’autres secteurs de nos sociétés grandit l’engouement pour diverses formes de “spiritualité du bien-être” sans communauté, pour une “théologie de la prospérité” sans engagements fraternels, ou pour des expériences subjectives sans visage, qui se réduisent à une recherche intérieure immanentiste.

91. Un défi important est de montrer que la solution ne consistera jamais dans la fuite d’une relation personnelle et engagée avec Dieu, et qui nous engage en même temps avec les autres. C’est ce qui se passe aujourd’hui quand les croyants font en sorte de se cacher et de se soustraire au regard des autres, et quand subtilement ils s’enfuient d’un lieu à l’autre ou d’une tâche à l’autre, sans créer des liens profonds et stables : « Imaginatio locorum et mutatio multos fefellit ». C’est un faux remède qui rend malade le cœur et parfois le corps. Il est nécessaire d’aider à reconnaître que l’unique voie consiste dans le fait d’apprendre à rencontrer les autres en adoptant le comportement juste, en les appréciant et en les acceptant comme des compagnons de route, sans résistances intérieures. Mieux encore, il s’agit d’apprendre à découvrir Jésus dans le visage des autres, dans leur voix, dans leurs demandes. C’est aussi apprendre à souffrir en embrassant Jésus crucifié quand nous subissons des agressions injustes ou des ingratitudes, sans jamais nous lasser de choisir la fraternité.

92. Il y a là la vraie guérison, du moment que notre façon d’être en relation avec les autres, en nous guérissant réellement au lieu de nous rendre malade, est une fraternité mystique, contemplative, qui sait regarder la grandeur sacrée du prochain, découvrir Dieu en chaque être humain, qui sait supporter les désagréments du vivre ensemble en s’accrochant à l’amour de Dieu, qui sait ouvrir le cœur à l’amour divin pour chercher le bonheur des autres comme le fait leur Père qui est bon. En cette époque précisément, et aussi là où se trouve un « petit troupeau » (Lc 12, 32), les disciples du Seigneur sont appelés à vivre comme une communauté qui soit sel de la terre et lumière du monde (cf. Mt 5, 13-16). Ils sont appelés à témoigner de leur appartenance évangélisatrice de façon toujours nouvelle. Ne nous laissons pas voler la communauté !

Exhortation aspotolique Evangelii Gaudium, pape François, 24/11/2013

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Le Notre Père, de la tentation à l’épreuve

Déc 04, 17
jerome
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Tout serait de la faute de saint Jérôme ! C’est lui, à la fin du IVe siècle lorsqu’il a rédigé la Vulgate (la version latine de la Bible), depuis le texte hébreu pour l’Ancien Testament et le texte grec pour le Nouveau Testament), qui a traduit la formule grecque «Mè eisenenkès hèmas eis peirasmos»p ar la formule latine «Ne nos inducas in tentationem». Depuis lors, le mot «tentation» est resté dans toutes les traductions du Notre Père en français. Ce contre quoi s’élève le dominicain Patrick Jacquemont. Selon ce spécialiste de patristique, au couvent Saint-Jacques à Paris, le mot grec peirasmos aurait dû être traduit par «épreuve». Car c’est bien à «l’épreuve de la foi, la plus grande épreuve», que Jésus faisait allusion. Et c’est en ce sens qu’il conseillait à ses disciples de s’adresser au Père, quand ceux-ci lui demandaient de leur apprendre à prier.

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paru dans La Croix des 2-3 décembre 2017

Semaine pour l’unité des chrétiens

Jan 04, 17
alain
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Dans le cadre de la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens le partage eucharistique de 12h15 du jeudi 19 janvier présidé par Jérôme Thuault aura lieu avec le pasteur Christian Tanon accompagné de membres de sa Communauté.
Une collation prolongera ce partage pour permettre une meilleure connaissance réciproque.

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