Category Archives: Vie de l’Eglise

La “mystique” de vivre ensemble – 7e dim de Pâques

Mai 14, 18
jerome
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Avant de quitter les siens pour partir vers le Père, le Seigneur, dans une belle prière, pria afin que soient gardés dans l’unité ceux qu’il avait rassemblés (Jn 17, 12).

C’est le mystère de l’Eglise qui est placée sous nos regards, ce dimanche : communauté fragile, instrument de salut, corps mystique du Christ. Dans son exhortation apostolique intitulée La joie de l’Evangile, le pape François avait pris le temps de nous redire combien la dimension communautaire est fondamentale pour que nos vies chrétiennes s’épanouissent et que le message de l’Evangile soit annoncé au monde. “Ne nous laissons pas voler la Communauté !”, avait-il conclu. Prenons le temps aujourd’hui de relire ses propos.

 


Oui aux relations nouvelles engendrées par Jésus Christ

87. De nos jours, alors que les réseaux et les instruments de la communication humaine ont atteint un niveau de développement inédit, nous ressentons la nécessité de découvrir et de transmettre la “mystique” de vivre ensemble, de se mélanger, de se rencontrer, de se prendre dans les bras, de se soutenir, de participer à cette marée un peu chaotique qui peut se transformer en une véritable expérience de fraternité, en une caravane solidaire, en un saint pèlerinage. Ainsi, les plus grandes possibilités de communication se transformeront en plus grandes possibilités de rencontre et de solidarité entre tous. Si nous pouvions suivre ce chemin, ce serait une très bonne chose, très régénératrice, très libératrice, très génératrice d’espérance ! Sortir de soi-même pour s’unir aux autres fait du bien. S’enfermer sur soi-même signifie goûter au venin amer de l’immanence, et en tout choix égoïste que nous faisons, l’humanité aura le dessous.

88. L’idéal chrétien invitera toujours à dépasser le soupçon, le manque de confiance permanent, la peur d’être envahi, les comportements défensifs que le monde actuel nous impose. Beaucoup essaient de fuir les autres pour une vie privée confortable, ou pour le cercle restreint des plus intimes, et renoncent au réalisme de la dimension sociale de l’Évangile. Car, de même que certains voudraient un Christ purement spirituel, sans chair ni croix, de même ils visent des relations interpersonnelles seulement à travers des appareils sophistiqués, des écrans et des systèmes qu’on peut mettre en marche et arrêter sur commande. Pendant ce temps-là l’Évangile nous invite toujours à courir le risque de la rencontre avec le visage de l’autre, avec sa présence physique qui interpelle, avec sa souffrance et ses demandes, avec sa joie contagieuse dans un constant corps à corps. La foi authentique dans le Fils de Dieu fait chair est inséparable du don de soi, de l’appartenance à la communauté, du service, de la réconciliation avec la chair des autres. Dans son incarnation, le Fils de Dieu nous a invités à la révolution de la tendresse.

89. L’isolement, qui est une forme de l’immanentisme, peut s’exprimer dans une fausse autonomie qui exclut Dieu et qui pourtant peut aussi trouver dans le religieux une forme d’esprit de consommation spirituelle à la portée de son individualisme maladif. Le retour au sacré et la recherche spirituelle qui caractérisent notre époque, sont des phénomènes ambigus. Mais plus que l’athéisme, aujourd’hui nous sommes face au défi de répondre adéquatement à la soif de Dieu de beaucoup de personnes, afin qu’elles ne cherchent pas à l’assouvir avec des propositions aliénantes ou avec un Jésus Christ sans chair et sans un engagement avec l’autre. Si elles ne trouvent pas dans l’Église une spiritualité qui les guérisse, les libère, les comble de vie et de paix et les appelle en même temps à la communion solidaire et à la fécondité missionnaire, elles finiront par être trompées par des propositions qui n’humanisent pas ni ne rendent gloire à Dieu.

90. Les formes propres à la religiosité populaire sont incarnées, parce qu’elles sont nées de l’incarnation de la foi chrétienne dans une culture populaire. Pour cela même, elles incluent une relation personnelle, non pas avec des énergies qui harmonisent mais avec Dieu, avec Jésus Christ, avec Marie, avec un saint. Ils ont un corps, ils ont des visages. Les formes propres à la religiosité populaire sont adaptées pour nourrir des potentialités relationnelles et non pas tant des fuites individualistes. En d’autres secteurs de nos sociétés grandit l’engouement pour diverses formes de “spiritualité du bien-être” sans communauté, pour une “théologie de la prospérité” sans engagements fraternels, ou pour des expériences subjectives sans visage, qui se réduisent à une recherche intérieure immanentiste.

91. Un défi important est de montrer que la solution ne consistera jamais dans la fuite d’une relation personnelle et engagée avec Dieu, et qui nous engage en même temps avec les autres. C’est ce qui se passe aujourd’hui quand les croyants font en sorte de se cacher et de se soustraire au regard des autres, et quand subtilement ils s’enfuient d’un lieu à l’autre ou d’une tâche à l’autre, sans créer des liens profonds et stables : « Imaginatio locorum et mutatio multos fefellit ». C’est un faux remède qui rend malade le cœur et parfois le corps. Il est nécessaire d’aider à reconnaître que l’unique voie consiste dans le fait d’apprendre à rencontrer les autres en adoptant le comportement juste, en les appréciant et en les acceptant comme des compagnons de route, sans résistances intérieures. Mieux encore, il s’agit d’apprendre à découvrir Jésus dans le visage des autres, dans leur voix, dans leurs demandes. C’est aussi apprendre à souffrir en embrassant Jésus crucifié quand nous subissons des agressions injustes ou des ingratitudes, sans jamais nous lasser de choisir la fraternité.

92. Il y a là la vraie guérison, du moment que notre façon d’être en relation avec les autres, en nous guérissant réellement au lieu de nous rendre malade, est une fraternité mystique, contemplative, qui sait regarder la grandeur sacrée du prochain, découvrir Dieu en chaque être humain, qui sait supporter les désagréments du vivre ensemble en s’accrochant à l’amour de Dieu, qui sait ouvrir le cœur à l’amour divin pour chercher le bonheur des autres comme le fait leur Père qui est bon. En cette époque précisément, et aussi là où se trouve un « petit troupeau » (Lc 12, 32), les disciples du Seigneur sont appelés à vivre comme une communauté qui soit sel de la terre et lumière du monde (cf. Mt 5, 13-16). Ils sont appelés à témoigner de leur appartenance évangélisatrice de façon toujours nouvelle. Ne nous laissons pas voler la communauté !

Exhortation aspotolique Evangelii Gaudium, pape François, 24/11/2013

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L’appel à la sainteté #2

Mai 05, 18
jerome
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Dans le chapitre 2 de son exhortation, le pape François met en garde contre « deux ennemis subtils » de la sainteté. Il s’agit de deux attitudes qu’il considère comme particulièrement pernicieuses. Du reste, il les avait déjà dénoncées dans sa première exhortation « la joie de l’Evangile. » (EG n°94)

Gnosticisme et pélagianisme : voilà deux attitudes qui sont incompatibles avec la sainteté chrétienne. Les termes ne datent pas d’aujourd’hui puisqu’il s’agit, en réalité, de deux hérésies chrétiennes des premiers siècles, et qui tendent à réapparaitre sous des formes nouvelles à notre époque.

Les gnostiques réduisaient la foi à un savoir, exaltant la connaissance, et oubliant que c’est toujours le Seigneur qui fait le premier pas. Il se révèle à nous. « Il a toujours été très clair – écrit François – que la perfection des personnes se mesure par leur degré de charité et non par la quantité des données et des connaissances qu’elles accumulent. »

En bref, s’il est important d’approfondir sa foi, cherchant à mieux connaitre les Ecritures ou la doctrine de l’Eglise, attention à la fausse sécurité que provoque la connaissance ! L’humilité reste la voie la plus sûre de sainteté.

Le pélagianisme consiste à exalter la volonté humaine. Or la sainteté n’est pas uniquement question de volonté ou de force personnelle. Citant une formule de St Bonaventure, François rappelle que « tous ne peuvent pas tout »,. « L’absence de la reconnaissance sincère, douloureuse et priante de nos limites est ce qui empêche la grâce de mieux agir en nous » (n°50)

Devenir saint demande certainement un effort, une conversion de notre part… mais le premier pas à accomplir, c’est de laisser la grâce de Dieu pénétrer dans nos vies.

texte intégral sur le site vatican.va


L’appel à la sainteté #1

Pour ce temps de Pâques, le pape François nous a offert un petit texte « lumineux », comme s’il voulait s’assurer que nous ne vivions pas cette Pâque de façon routinière, mais comme une véritable résurrection !

Dans son exhortation apostolique intitulée Gaudete et exsultate, François nous invite à accueillir à frais nouveau l’appel à la sainteté. Se refusant à écrire un traité sur la sainteté, il préfère – dans le 1e chapitre – nous interpeller et nous faire partager son expérience de pasteur. Il a rencontré, accompagné tant de personnes qu’il a en mémoire de nombreux témoignages de saints : « les parents qui éduquent leurs enfants avec amour, les hommes et les femmes qui travaillent pour apporter le pain à la maison, les malades et les religieuses âgées qui continuent de sourire… » (n°7)

En nous parlant des « saints de la porte d’à côté », le pape fait un clin d’œil à Madeleine Delbrêl, qui après sa conversion et son installation à Ivry avec quelques compagnes, avait découvert la « sainteté des gens ordinaires. »

Nous sommes tous concernés par l’appel de Dieu à « embellir » nos vies par l’accueil de l’Evangile. Le défi, écrit le pape, est de « vivre son propre engagement de façon à ce que les efforts aient un sens évangélique et nous identifient toujours davantage à Jésus-Christ ! » (n°28)

« Laisse la grâce de ton baptême porter du fruit dans un cheminement de sainteté ! »  (n°15)

Jérôme Thuault +

se procurer l’exhortation apostolique (3,50 €)

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Avr 23, 18
jerome
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La chapelle Saint-Bernard vous accueille. Chacun, chacune d’entre vous y a sa place : habitants du quartier, personnes travaillant à Montparnasse, fidèles des communautés Saint Bernard et de Sant’Egidio, voyageurs en transit par la gare…

Votre don au Denier permet d’assurer le fonctionnement quotidien de la chapelle, et donc d’être disponible à chaque fois que vous avez besoin d’elle !

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Des enveloppes – avec note d’information et bulletin de don – sont à votre disposition au fond de la chapelle.

Merci de votre soutien !

Père Jérôme THUAULT et les membres du Conseil aux Affaires Economiques

Le Notre Père, de la tentation à l’épreuve

Déc 04, 17
jerome
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Tout serait de la faute de saint Jérôme ! C’est lui, à la fin du IVe siècle lorsqu’il a rédigé la Vulgate (la version latine de la Bible), depuis le texte hébreu pour l’Ancien Testament et le texte grec pour le Nouveau Testament), qui a traduit la formule grecque «Mè eisenenkès hèmas eis peirasmos»p ar la formule latine «Ne nos inducas in tentationem». Depuis lors, le mot «tentation» est resté dans toutes les traductions du Notre Père en français. Ce contre quoi s’élève le dominicain Patrick Jacquemont. Selon ce spécialiste de patristique, au couvent Saint-Jacques à Paris, le mot grec peirasmos aurait dû être traduit par «épreuve». Car c’est bien à «l’épreuve de la foi, la plus grande épreuve», que Jésus faisait allusion. Et c’est en ce sens qu’il conseillait à ses disciples de s’adresser au Père, quand ceux-ci lui demandaient de leur apprendre à prier.

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paru dans La Croix des 2-3 décembre 2017

Semaine pour l’unité des chrétiens

Jan 04, 17
alain
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Dans le cadre de la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens le partage eucharistique de 12h15 du jeudi 19 janvier présidé par Jérôme Thuault aura lieu avec le pasteur Christian Tanon accompagné de membres de sa Communauté.
Une collation prolongera ce partage pour permettre une meilleure connaissance réciproque.

Message du pape François

Jan 04, 17
alain
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Message du pape François pour la 50e journée mondiale
pour la paix – 1er janvier 2017

 

Au début de cette nouvelle année, je présente mes vœux sincères de paix aux peuples et aux nations du monde, aux Chefs d’État et de Gouvernement, ainsi qu’aux responsables des communautés religieuses et des diverses expressions de la société civile. Je souhaite la paix à chaque homme, à chaque femme ainsi qu’à chaque enfant et je prie pour que l’image et la ressemblance de Dieu dans chaque personne nous permettent de nous reconnaître mutuellement comme des dons sacrés dotés d’une immense dignité. Surtout dans les situations de conflit, respectons cette « dignité la plus profonde » et faisons de la non-violence active notre style de vie. (…)

Le siècle dernier a été ravagé par deux guerres mondiales meurtrières ; il a connu la menace de la guerre nucléaire et un grand nombre d’autres conflits, tandis qu’aujourd’hui, malheureusement, nous sommes aux prises avec une terrible guerre mondiale par morceaux. (…)

Jésus aussi a vécu en des temps de violence. Il a enseigné que le vrai champ de bataille, sur lequel s’affrontent la violence et la paix, est le cœur de l’homme : « C’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses » (Mc 7, 21). Mais le message du Christ, face à cette réalité, offre la réponse radicalement positive : il a prêché inlassablement l’amour inconditionnel de Dieu qui accueille et pardonne et il a enseigné à ses disciples à aimer les ennemis (cf. Mt 5, 44) et à tendre l’autre joue (cf. Mt 5, 39). C’est pourquoi, celui qui accueille la Bonne Nouvelle de Jésus sait reconnaître la violence qu’il porte en lui-même et se laisse guérir par la miséricorde de Dieu, en devenant ainsi, à son tour, un instrument de réconciliation (…)