Category Archives: Liturgie

Dimanche 11 octobre 2020 – célébration en mémoire de Maddy ROCHE

Oct 17, 20
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28e Dimanche du Temps Ordinaire

Messe présidée par Yvon Lemince,  en la chapelle de la Visitation Sainte Marie, 110 rue de Vaugirard

Textes du dimanche  (cliquer pour voir les textes bibliques de ce dimanche)

Mot d’accueil

Dès la première lecture, les quatre textes de ce dimanche nous font du bien : ils parlent de fêter ensemble, des repas savoureux et copieux, d’un hôte plein de sollicitude qui essuie nos larmes, pasteur rassurant sur les chemins difficiles, d’un Dieu qui comblera nos besoins magnifiquement dans la lettre de Paul. Et dans l’évangile, d’un roi qui invite au festin des noces de son fils. Ces quatre textes réjouissants nous les lirons ce dimanche où nous voulons nous souvenir de notre chère amie Maddy Roche.

 C’est une heureuse coïncidence. Car Maddy était un être joyeux, elle avait le sens du contact et son contact nous faisait du bien. J’ai recueilli quelques mots des messages reçus quand nous avons annoncé son décès.

 La vivacité de Maddy faisait dire à son amie Marie Michèle Grolleron que Maddy était du champagne, aussi pétillante qu’une coupe de champagne.

D’autres se souviennent de son rire, et même de ses fous rires dont elle était capable d’entrainer les participants de l’équipe de la passerelle où elle a consacré une grande partie de son temps et de son énergie à l’animation de cette vitrine de la chapelle sur l’esplanade de la gare Montparnasse. Maddy a toujours gardé une possibilité d’enthousiasme.  A l’image de son corps gracile et souple, son esprit a conservé jusqu’à la fin une souplesse exceptionnelle dans l’ouverture aux idées nouvelles.

Mais revenons à l’évangile, pour moi, Maddy reste une femme d’espérance, l’invitée que le roi de la parabole aurait voulu avoir à la table du festin.

Rentrons donc dans cette célébration en ouvrant nous cœurs à la Parole qui nous invite à participer pleinement à la fête de la vie comme Maddy l’a fait.

PRIÈRE UNIVERSELLE

R/ Rassemblés devant toi parmi cette humanité, nous portons vers Toi nos détresses et nos joies !

En venant célébrer l’eucharistie, nous venons aux noces préparées par le père de la parabole. « Tous invités » nous dit Isaïe.

 – Pensons à ceux qui ne pourraient se joindre au festin : aux malades en général et aujourd’hui particulièrement aux malades victimes de la Covid 19, eux, leurs familles et le personnel qui les soigne. Nous te prions.

– A la table des noces où tu nous invites, nous te confions ceux qui souffrent déjà des retombées économiques de la pandémie, ceux qui ont peur de perdre leur travail et d’être précipités dans la précarité. Que le Seigneur essuie leurs larmes comme le prophète promet. Nous te prions. 

– A la table des noces où tu nous rassembles, nous te recommandons notre communauté. Eveille en elle le désir de participer au bon vivre ensemble communautaire en hommes et femmes d’espérance. Nous te prions.

Témoignage

J’ai vu fréquemment Maddy Roche pendant 11 ans, dans le cadre du groupe de lecture figurative des textes bibliques animé par Marie-Michèle Grolleron. Nous nous réunissions une fois par mois autour d’un programme de lecture défini pour l’année par Marie-Michèle et dînions ensemble avec les victuailles apportées par chacun.

Maddy contribuait de façon originale à cette lecture en commun en ouvrant souvent une perspective imprévue fondée sur son expérience personnelle. Je me souviens en particulier de ses éclairages sur les questions de fratries qui tiennent une place significative dans le Premier testament. Elle en savait quelque chose, elle qui avait de nombreuses sœurs et un unique frère.

Après la dissolution du groupe en 2014, j’ai revu Maddy rue Tessier où, avec son élégance de Lyonnaise aimant les beaux foulards en soie, elle s’impliquait dans la vie collective de cette maison de retraite gérée par la fondation Lejeune. Son indépendance d’esprit et sa douce fermeté donnaient du fil à retordre à ses responsables.

Bien que féministe, Maddy n’a coupé la tête d’aucun Holopherne. Mais, quand je pense à elle, me vient à l’esprit le livre de Judith que nous avions lu ensemble. En particulier le verset 7 du chapitre 8 : « Judith était très belle et d’aspect charmant ». Notre Maddy aussi…

Bernard Boët, Paris, le 2 octobre 2020.

Samedi 19 septembre 2020 – Célébration en mémoire de Guy Lafon

Oct 10, 20
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Messe célébrée en l’église Saint-Marcel, Paris XIIIe

Textes du dimanche  (cliquer pour voir les textes bibliques de ce dimanche)

Homélie

Le semeur sortit pour semer

Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer. Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes qu’il monta dans une barque où il s’assit ; toute la foule se tenait sur le rivage. Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde. Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché. D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés. D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! (Mt 13, 1-9)

            Une homélie se doit de commenter l’évangile du jour. Je ne dérogerai pas à cette règle, mais, dans les circonstances présentes, ce commentaire de l’Evangile sera aussi une évocation immédiate de ce que fut la vie de Guy Lafon : une vie toute entière habitée par une lecture assidue des Evangiles et par un partage des fruits que cette lecture à fait mûrir en lui. Guy, en effet, nous apparaît comme une remarquable illustration et mise en œuvre de l’Evangile d’aujourd’hui. Cet évangile est une parabole de la vie de Guy.

            Arrêtons-nous tout d’abord au texte. Dans ce texte, il y a deux récits. Un récit premier qui parle d’un moment de la vie de Jésus : « En ce jour-là, Jésus sortit de la maison ». Et puis, il y a un second récit énoncé par Jésus lui-même : «Le semeur sortit pour semer ». Deux récits de sortie donc qui s’emboitent et sont comme le miroir l’un de l’autre.  Jésus sort et le semeur sort. Et leurs comportements se ressemblent. Tous deux répandent beaucoup. Jésus dit beaucoup de choses en paraboles aux foules, sans acception des personnes. De même, le semeur laisse tomber beaucoup de grains sur tous les terrains – pierraille, ronces ou terre profonde. La parole et le grain sont  donnés à tous, à profusion. Nul n’est exclu.

            Les paroles comme les semences sont des promesses de fruits à venir à condition d’être accueillies, entendues. Dans les deux récits, on a affaire à un processus de semailles, d’accueil de la semence, de la germination et enfin de fructification. Dans les oreilles, tout d’abord.  « Que celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ». « A bon entendeur, le salut ! » Dans la terre, ensuite, qui accueille la semence. Le grain reçoit de la terre de quoi grandir jusqu’à la fructification. La germination est le fruit d’une alliance, d’une rencontre hospitalière ici de la parole et des oreilles, là du grain et de la terre.

            Et c’est un avènement de vie comme dans la Genèse lorsque Dieu vient à la rencontre de la terre pour qu’advienne l’humain. C’est la même histoire. L’histoire d’un don fait sans compter. Sans discrimination, sans réserve, sans calcul. A recevoir ou à laisser. L’enjeu est l’avènement de l’humain vivant par l’évènement d’une parole qui germe et qui grandit dans le cœur de l’humain. Les fruits sont surabondants et peuvent être distribués généreusement au bénéfice de tous, y compris des sols arides.

            Écoutons ce que Guy dit lui-même de ce passage d’évangile. Nous y retrouvons les thèmes et les termes majeurs de sa pensée : le don, le don en retour, l’appel et la réponse qui en est le fruit, la conversation, l’entretien qui en est le creuset.  Voici ce qu’il dit :

            La vie nous a été donnée et nous n’y sommes pour rien. Le semeur disperse librement son grain, partout. (…) Le don que nous accueillons est un appel. Celui que nous retournons est une réponse. L’étonnant en tout cela est que cette réponse soit un fruit. (…) Le fruit (…) devient actuel du fait du sol qui le reçoit. Car il s’agit bien toujours d’une conversation, d’un entretien qui n’en finit pas. Celui qui a des oreilles, qu’il entende[1].

            L’évangile de ce jour, disais-je, est une parabole de la vie de Guy. Je voudrais l’évoquer de trois façons, par trois biais, tout en sachant que mes propos seront bien limités et qu’il y aurait encore bien d’autres choses à dire encore.

            Jésus est sorti. Le semeur est sorti. Guy aussi est sorti. Il est venu au monde. Il est sorti de sa maison, de son lieu natal, il est sorti pour s’adresser à tous et toutes, sans distinction, dans l’espace public J’ai toujours été frappé par le fait que Guy, lorsqu’il parlait de la foi chrétienne en théologien, s’adressait, en fait, toujours à l’homme, à l’être humain de toutes convictions. Son interlocuteur, c’est l’autre quel qu’il soit ; l’autre capable d’écoute et de dialogue. Pour lui, penser le christianisme, c’était le rendre possible, crédible et désirable par tout un chacun. D’une culture encyclopédique, il ne faisait pas état, comme un mauvais érudit ; iI a toujours gardé un rapport premier à l’humain. Il avait en lui, comme théologien, cette fibre philosophique qui le mettait en conversation étroite, avec les chercheurs, les penseurs de son temps,  comme Jacques Derrida, Michel Serres et bien d’autres encore, avec des poètes aussi comme Jean Grosjean ou Julien Gracq. Nourrie à diverses sources, sa parole tombait, comme dans la parabole, sur tous les terrains sans les filtrer, sans préjugé, sachant que tout sujet humain, « mon » semblable, est capable d’écoute et de réponse. Guy considérait les Écritures et singulièrement les évangiles comme un lieu commun, un lieu que tous et toutes peuvent fréquenter, un lieu inspirant, qui donne à penser ; un terrain de rencontre, une table ouverte, hospitalière où l’on peut partager, s’entretenir et se nourrir. L’évangile, en effet, est commun ; il appartient à tous comme Dieu lui-même est commun, pour reprendre le titre d’un de ses livres[2]. Dieu est le Dieu de tous et pour tous ; il est le Dieu dont on parle même si on n’y croit pas, un Dieu qui n’est enfermé dans aucune chapelle, lui-même constamment en sortie. Guy, un homme en sortie également, un homme de parole et d’entretien avec quiconque.

            La parabole du semeur décrit un processus : les semailles, l’accueil de la semence et la fructification. Guy était très sensible au processus, au mouvement en différentes étapes qui s’articulent entre elles et donnent du fruit. Ainsi, lors d’une session récente, il analysait une prière de la liturgie d’ordination prononcée par l’évêque pour l’ordinand : « Seigneur, en méditant jour et nuit Ta loi, que ce qu’il aura lu, il le croie ; que ce qu’il aura cru, il l’enseigne ; que ce qu’il aura enseigné, il l’imite » (entendons : qu’il le mette en pratique). Guy était sensible à cette dynamique de la vie, au mouvement dans lequel on entre, aux traversées auxquelles on se prête. Il avait traduit pour lui et pour nous, de façon poétique, cette prière venue de la liturgie : « De ton livre, fais de la foi. De ta foi, fais une parole. De ta parole, fais de l’amour, comme du blé on fait du pain ».

Du livre à l’amour, ce fut sa trajectoire.  Aussi la lecture n’était-elle pas pour lui seulement un exercice, même si elle en était bien un, mais, davantage, un entraînement à l’écoute, à l’accueil de la fécondité du don qui vient du Tout Autre, et conduit à tout autre. Sa pensée était indissociable pour lui d’une manière d’être en humanité, sans cesse renouvelée par ces fruits que sont la foi, l’espérance et l’amour. Paul nous rappelle que des trois, l’amour est le plus grand. Il est en tout cas le terme, ce dont croire et espérer ne peuvent en aucun cas, par quelque accident, nous détourner. Pour Guy, cet amour s’est inscrit de multiples façons dans son existence : bien sûr dans sa passion pour son ministère, à l’accueil en paroisse (successivement à Notre-Dame, ici, à Saint-Marcel, mais également à la chapelle St-Bernard-de-Montparnasse et à St-Jean-des-deux-Moulins). Son amour s’exprimait aussi dans l’intensité avec laquelle il préparait et habitait sa prédication, comme la préparation de toutes les liturgies en général. Combien parmi nous, pour qui il a célébré mariages, baptêmes, obsèques, se sont sentis, dès les premiers mots de son homélie, saisis par l’humanité, l’humilité et la radicalité de l’invitation à la foi que Guy nous proposait. Son amour enfin s’est exprimé dans l’accompagnement spirituel en général, et dans celui des personnes malades, notamment, durant les deux premières décennies de l’épidémie du SIDA.

            Sa vie d’auteur, d’enseignant, de pasteur, d’ami, a été une vie féconde. Il a donné abondamment, généreusement, avec prodigalité, et, sans nul doute, son œuvre est-elle en attente de nouveaux fruits. Ses écrits, son enseignement comme sa vie elle-même constituent une page de ce qu’on peut appeler le cinquième évangile : l’évangile que les chrétiens, lisant les quatre premiers, écrivent de leur main et dans leur chair. Comme le dit l’exégète Alain Marchadour, «  La lecture de la Bible, depuis 20 siècles, n’est rien d’autre que cette tension difficile mais féconde entre un livre écrit une fois pour toutes et des communautés produisant à leur tour leur cinquième évangile. […] Quand un livre n’est plus lu, il meurt. Tant que des hommes et des femmes continueront de lire la Bible pour essayer d’ajouter leur propre page, l’Écriture restera le Livre de la Vie[3] »

            Guy est une page de ce cinquième évangile. Ce que saint Paul écrit aux Corinthiens peut lui être appliqué : « Vous êtes manifestement une lettre du Christ rédigée par nos soins, écrite non avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur vos cœurs » (2 Co, 3, 3). Qu’il en soit remercié. Et que Dieu soit loué.

André Fossion s.j

andre.fossion@lumenvitae.be

[1]             La Table de l’Evangile. https://lafon.guy.free.fr/

[2]             Le Dieu commun, Seuil, Paris, 1982.

[3]             Alain MARCHADOUR, Un évangile à découvrir. Coll. Croire et comprendre, Le Centurion, Paris, 1978, p.164.

PRIÈRE UNIVERSELLE

R/ Accueille au creux de tes mains la prière de tes enfants

« Libera caritate – avec la libéralité de l’amour ». Guy aimait cette antienne de la fête de son saint patron, qu’il avait faite sienne. Plus qu’une devise, cette prière était comme une règle de vie et une source d’inspiration pour lui, en appelant sans répit le cœur aimant à l’abondance et à la générosité. Ce qui reste de Guy n’est pas dans des souvenirs que notre mémoire garderait comme en un tombeau : puisque Guy est vivant en Christ, fais-nous passer, Seigneur, chaque jour, de la mort à la vie, en aimant nos frères et sœurs, comme lui-même a su le faire si généreusement.

Nous te prions, Seigneur, pour tous les amis de Guy qui sont dans la peine, pour ceux qui n’ont pas pu être présents, et pour nous tous qui avons eu la chance de le rencontrer et partager avec lui des moments lumineux de joie, d’espérance et de recherche. Que la route que nous avons partagée avec lui se poursuive avec courage sur le chemin de la Vie.

Guy a connu à la fin de sa vie la maladie et la souffrance. Nous te prions, Seigneur, pour lui et pour tous ceux qui sont éprouvés, dans leur corps et dans leur cœur.

Nous te prions aussi pour tous les soignants qui l’ont accompagné et qui accompagnent tous ceux qui souffrent, ici ou ailleurs, de la maladie et de la guerre.

Nous te prions, Seigneur, pour l’Eglise que Guy a servie et aimée. Il n’en ignorait ni les faiblesses ni le péché, mais par sa vie de prêtre, il a témoigné que c’est aussi par elle que se manifeste le Dieu commun ; qu’avec elle, nous pouvons nous risquer à Croire, Espérer, Aimer ; et à rencontrer l’Autre Roi. Aide les croyants à faire de cette Eglise le lieu où chacun se sent accueilli, à la Table de l’Evangile.

Dimanche 8 mars 2020 – 2ème dimanche de carême

Avr 03, 20
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Messe anticipée du samedi célébrée au 110 rue de Vaugirard

Textes du dimanche  (cliquer pour voir les textes bibliques de ce dimanche)

Texte de méditation

« Celui-ci est mon Fils bien aimé, en qui je trouve ma joie. Ecoutez-le »
Comment entendre ces paroles sans nous sentir ébranlés et appelés à vivre plus authentiquement notre baptême ? Accueillir le Fils, n’est-ce pas aussi nous reconnaître frères et sœurs les uns des autres ? Ce chemin de fraternité n’est jamais achevé. Il ouvre sur un davantage.

Anne-Marie Aitken, xavière       www.versdimanche.com

MOT D’ACCUEIL

C’est une joie de nous de nous réunir à nouveau dans cet endroit qui nous est devenu peu à peu familier. C’est une grâce.

Les textes de ce dimanche nous parlent de promesses. Belle promesse faite par Dieu à Abraham dans la Genèse. Promesse d’amour de Dieu dans la lettre de Paul à Timothée et promesse, au moment de la transfiguration, aux trois destinataires privilégiés d’une révélation de la plénitude de la personnalité de Jésus.

Consentons-nous à être, nous aussi, destinataires de ces promesses en nous mettant en chemin en ce début de carême, avec confiance.

PRIÈRE UNIVERSELLE

R/ Pour les hommes et pour les femmes, pour les enfants de la terre, ton Eglise qui t’acclame vient te confier sa prière.

-Seigneur, nous te présentons les croyants des trois religions qui reconnaissent Abraham comme leur père :   juifs, chrétiens et musulmans. Nous sommes ainsi des frères. Que cette fraternité soit vécue dans le concret de notre vivre ensemble. R/

-Seigneur, l’humanité entière est le lieu d’accomplissement de tes promesses à Abraham. Malgré les catastrophes que nous affrontons, que l’espérance en une humanité sereine demeure grâce à ton soutien. R/

Seigneur, le conflit en Syrie livre chaque jour des enfants, des femmes, des hommes à des conditions de vie infrahumaines. Que notre égoïsme ne leur refuse pas l’aide qu’ils sont en droit d’espérer. Que ta lumière transfigure ces vies défigurées. R/

Dimanche 19 janvier 2020

Jan 25, 20
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Messe célébrée au 110 rue de Vaugirard

Textes du dimanche  (cliquer pour voir les textes bibliques de ce dimanche)

Texte de méditation

« A vous, la grâce et la paix, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ»

Paul aux Corinthiens 1,3

         Deux hommes en viennent à se rencontrer : Jean, auprès du Jourdain, voit Jésus pour la première fois, semble-t-il (« Je ne le connaissais pas »). Son réflexe est celui que nous avons spontanément lorsqu’entre personnes bien élevées on se croise devant une porte. Chacun s’écarte devant l’autre : « Passez, je vous prie ». Même si le geste est conventionnel, voire hypocrite, il révèle une certaine conception de la vie commune. « Autrui est toujours mon maître », dit un sage de notre temps ; à lui la première place même s’il arrive derrière moi près de la porte où nous nous trouvons. Ce réflexe est celui de Jean-Baptiste : « Derrière moi vient un homme qui a sa place devant moi… ».

On est dans la vérité lorsqu’on laisse autrui passer devant soi ; ce geste permet de trouver sa propre place. C’est en tout cas ce qui se passe pour Jean. Le prédicateur qui rassemble les foules et les plonge dans l’eau a bien raison de s’effacer devant celui qui vient.

 

         Michel Jondot, prêtre du Diocèse de Nanterre (+ juin 2019)

dans le site web Dieu maintenant

PRIÈRE UNIVERSELLE

R/ Toi qui nous aimes, écoute-nous, Seigneur !

– Seigneur, nous te présentons les hommes et les femmes de toutes les religions et sur tous les continents qui cherchent la présence d’un être divin à leur écoute. Sachons les rencontrer pour avancer dans nos propres interrogations. Prions aujourd’hui avec eux.

 

R/ Toi qui nous aimes, écoute-nous, Seigneur !

– En cette Semaine de prière pour l’Unité des Chrétiens nous te présentons, Seigneur, les bâtisseurs de ponts entre les baptisés d’églises divisées. Prions aujourd’hui avec eux.

 

R/ Toi qui nous aimes, écoute-nous, Seigneur !

– Devant le grand défi posé par les migrations, que notre communauté découvre comment l’hospitalité peut devenir une chance pour les accueillis mais aussi pour ceux qui accueillent. Prions aujourd’hui avec eux, accueillis et accueillants.

R/ Toi qui nous aimes, écoute-nous, Seigneur !

Dimanche 5 janvier 2020 – Epiphanie du Seigneur

Nov 30, 19
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Messe célébrée au 110 rue de Vaugirard

Textes du dimanche  (cliquer pour voir les textes bibliques de ce dimanche)

Mot d’accueil

Bienvenue en cette célébration de l’Épiphanie, manifestation de Jésus à toute l’humanité. Que cette universalité du salut de Dieu agisse en nous en tant que communauté et nous unisse.

Qu’elle soit une bonne nouvelle, une lumière intérieure qui nous fasse réfléchir sur le chemin à trouver en tant que communauté pour repartir « par un autre chemin ». Comme les rois mages avertis de regagner leur pays par un autre chemin, notre communauté doit trouver un chemin différent du passé, afin de renaître dans une forme bien vivante de vie d’Eglise.

Texte de méditation

« Nous avons vu son étoile à l’Orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui »

Matthieu 2, 1

         Le mot « Epiphanie » désigne cette « manifestation » de Dieu dans l’histoire. En lisant cet Evangile que nous connaissons bien, on peut se demander si l’éclipse de l’étoile ne symbolise pas les temps que nous vivons. Ces trois hommes venus du pays où le soleil se lève ont marché, éclairés par cette étoile qui est pour eux signe d’une naissance royale et appel à une reconnaissance éclatante. L’astre a disparu et, lorsqu’ils arrivent à Jérusalem, c’est la nuit. L’astre réapparaîtra ; elle sera source de joie mais il leur aura fallu vivre une épreuve. Epreuve nécessaire sans doute

         Il ne suffit pas que Dieu se manifeste pour être reconnu. Dieu parle en s’incarnant dans l’enfant de Bethléem. Pour l’entendre, il nous faut entrer dans son langage et imiter les mages ; ils se sont faits petits eux-mêmes en se mettant plus bas que terre devant le petit. Ils nous montrent le chemin : autrui est toujours manifestation de Dieu. Apprenons à reconnaître sa Seigneurie : chaque visage humain offert à nos regards est épiphanie de Dieu.

         Michel Jondot, prêtre du Diocèse de Nanterre (+ juin 2019)

dans le site web Dieu maintenant

 

HOMELIE

Chers amis, les mages se sont mis en route… Ils font partie de ces éternels chercheurs sans cesse travaillés par les nombreuses questions de l’existence :

-sur l’origine du monde…

-le pourquoi et le comment des choses

-le sens de la vie…

Ces chercheurs savaient être à l’écoute et ils savaient observer et interpréter les signes…

Ils avaient entendu parler d’une étoile de Jacob, un Messie qui devait se lever… Alors ils s’inquiètent… ils cherchent… ils bougent.

Ces mages venus de loin –on pense qu’ils venaient de Perse ou de Babylone- étaient des païens, c’est-à-dire des non-juifs.

L’Evangile ne précise pas qu’ils étaient rois… mais rien n’i fait, la tradition les couronne d’âge en âge, mieux, au Moyen Age où on leur a donné un nom : Gaspard, Melchior et Balthazar… un noir, un jaune et un blanc… couleur des hommes qui vivent sur la planète terre… TOUT UN SYMBOLE !

Chers amis, le symbolisme de la scène qui nous relate saint Matthieu, associé au symbolisme issu de la légende, est un symbolisme puissant qu’à de quoi nous galvaniser… à une condition : lire l’histoire de l’épiphanie à la lumière de la résurrection.

En effet, ces mages sont à l’image de notre Eglise itinérante… l’Eglise des premiers chrétiens… l’Eglise d’aujourd’hui. L’Eglise de tous ceux et de toutes celles qui, venus d’horizons très différents, de pays et de milieux sociaux très différents n’ont de cesse que de garder les yeux fixés sur cette étoile qui s’est levée – il y a 2000 ans- dans la nuit de Bethleem…. LE CHRIST, SOLEIL LEVANT, SPLENDEUR DES NATIONS !

Les mages n’avaient pas la prétention de posséder des certitudes sur Dieu… Ils désiraient toujours le connaitre davantage. Alors ils se sont bougés… ils se sont mis en route…

Par contre, les sages qui conseillaient le roi Hérode avaient étudié l’Ecriture Sainte et scruté la Tradition … ils étaient enfermés dans leur savoir… alors ils n’ont pas bougé…

Vivre en chrétiens, c’est aussi partir et comprendre que notre vie est un pèlerinage. Que ce Dieu que nous aimons, nous n’aurons jamais fini de le chercher… Le chrétien est un éternel chercheur de Dieu…

Pour ce faire, il lui faut quitter le confort d’une religion bien encadrée. On aurait beau savoir par cœur la loi des prophètes, maîtriser les analyses théologiques les plus fines… Si on ne se bouge pas, rien ne passera. Le monde aujourd’hui attend de nous chrétiens, non des donneurs de leçons mais de véritables témoins de la joie et du bonheur de croire.

Et voilà que pour guider nos pas, une étoile nous est donnée : croire au Christ, c’est avoir soif de lumière et faim d’amour. L’étoile de l’Epiphanie nous invite à nous lever pour partir ou repartir dans une foi vécue comme une recherche, comme une rencontre, comme un engagement.

Croire au Christ, c’est parfois progresser dans le brouillard…. dans la certitude obscure que le Seigneur est présent.

La foi n’est pas l’accueil passif de vérité et de préceptes. Elle est une mobilisation, un départ pour une nouveauté de vie. Les catéchumènes en témoignent qui souvent nous trouvent, nous les chrétiens de souche, bien frileux !

Quand la foi faiblit, on devient un « sédentaire spirituel » incapable d’avancer pour aller à la rencontre de Dieu et des autres… Des pratiques et des gestes religieux restent encore, mais la vie chrétienne et en sommeil.

Chers amis, en cette fête de l’Epiphanie, en ce début d’année le Christ nous appelle à suivre son Etoile… Heureuse Eglise célébrante… où la liturgie est mystère d’Epiphanie en actes : nous y apportons l’offrande, non plus de l’or, de l’encens ou de la myrrhe, mais de notre personne, de notre cœur… Alors, comme les mages, nous reviendrons chez nous par un autre chemin, par une vie plus rayonnante de joie, de charité, de paix et d’ouverture à Dieu et aux autres.

Alors, « parmi toutes les nations, Seigneur, on connaîtra ton salut ».

Pierre Géry.

PRIÈRE UNIVERSELLE

Devant l’enfant les mages ont ouvert leurs coffrets : comme eux, nous posons à tes pieds, dans un désir d’universalité, l’humanité entière, avec toute son histoire et tout l’univers. Nous te les présentons, Seigneur.

R/Lumière des hommes, nous marchons vers toi,

Fils de Dieu, tu nous sauveras!

Dans la nuit, les mages ont suivi l’étoile. Pour tous ceux qui te cherchent et s’interrogent sur Toi, Seigneur, afin qu’ils rencontrent des témoins de ta lumière. Nous te prions, Seigneur.

R/Lumière des hommes, nous marchons vers toi,

Fils de Dieu, tu nous sauveras!

 

Sur leur route, les mages ont cherché leur chemin. En ces temps de turbulences où certains finissent par ne plus savoir où trouver une parole droite, fiable, que nous soyons en tant que baptisés, des témoins d’une parole vraie. Nous te prions, Seigneur.

R/Lumière des hommes, nous marchons vers toi,

Fils de Dieu, tu nous sauveras!

– Avertis…de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. Nous avons, nous aussi, en tant que communauté à trouver un chemin différent du passé. Aide-nous à imaginer ce chemin et à nous y engager. Nous te prions, Seigneur.

R/Lumière des hommes, nous marchons vers toi,

Fils de Dieu, tu nous sauveras!

EVANGILE ET ACTUALITE – Echos de la séance du 16 novembre 2019

Nov 29, 19
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Echos de la séance du 16 novembre 2019 (cliquer sur un des titres suivants) :

Se libérer

Au fil des contributions

Visages

Deuxième temps de la rencontre

Rappel sur le “Parcours Évangile et actualité”

Il se déroule sur  5 samedis matin

4 boulevard Edgar Quinet, 75014 Paris

de 9h à 13 h 30,
16 novembre 2019, 11 janvier 2020,
29 février, 28 mars 2020, 16 mai 2020.

Vous découvrirez que ce travail, soutenu par un court temps de célébration, nous conduit à un autre regard sur l’actualité d’aujourd’hui et donc sur nos frères les hommes.
Deux minutes d’intervention par personne, permettant à chacun d’exposer le fruit de sa recherche mettant en lien

  • un verset de l’évangile étudié, cette année Luc,

  • la «clé de lecture» choisie, cette année (se) libérer,

  • et le fait d’actualité que vous aurez retenu.

Au deuxième temps, un intervenant invité, avec lequel on peut ensuite échanger, éclaire un angle de la clé de lecture, à la lumière de son expérience.
La matinée se termine par un repas convivial, sorti du sac, au cours duquel les échanges se poursuivent.

Pour nous contacter :
– par mail :
chapelle-st-bernard@wanadoo.fr (objet : Evangile-actualité)
ou therese.masson@sfr.fr, ou marie-helene.peyrache@wanadoo.fr
– par téléphone (Thérèse Masson) : 06 12 93 49 92 ou 01 48 89 36 29
ou (M-Hélène Peyrache) : 01 47 07 21 73 ou 06 88 73 92 93

Dimanche 24 novembre 2019 – Fête du Christ Roi

Nov 25, 19
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Messe célébrée au 110 rue de Vaugirard

Textes du dimanche  (cliquer pour voir les textes bibliques de ce dimanche)

Mot d’accueil

Sentez-vous tous accueillis.

Le « roi » que nous célébrons n’a pas grande chose de commun avec les puissants de ce monde. Il est le « bon berger » de toute l’humanité. Il est le petit, le pauvre, l’étranger à aimer. Le Dieu d’amour venu nous apprendre à aimer.

En cette fin d’année liturgique, laissons nos cœurs s’ouvrir à la tendresse de Dieu Père et Mère.

Texte de méditation

« …la paix pour tous les hommes sur la terre et dans le ciel. »

Paul aux Colossiens 1, 20

          C’est la haine des hommes qui tue le Christ, mais, par un mystérieux retournement, cette haine est transformée par Dieu en un instrument de réconciliation, de pacification.

A l’échelle humaine, nous avons parfois des exemples de cet ordre : je pense à des hommes comme Itzak Rabin, Martin Luther King, Gandhi, Sadate… Ils ont prêché la paix, l’égalité entre les hommes, et cela leur a coûté la vie ; ils ont été victimes de la haine des hommes ; mais, paradoxalement, leur mort a inauguré un progrès de la paix et de la réconciliation. Un témoignage d’amour et de pardon, qui va parfois jusqu’au sacrifice de sa vie, est un ferment de paix.

Mais cela ne suffit pas à réconcilier l’humanité tout entière avec Dieu car ils ne sont que des hommes. Jésus, lui, est l’homme – Dieu : il est à la fois le Dieu qui pardonne et l’humanité qui est pardonnée ; ce qui nous réconcilie, c’est que le pardon accordé par le Christ à ses bourreaux, est le pardon même de Dieu. C’est Dieu qui pardonne… par pure miséricorde de sa part. Désormais, nous savons, parce que nous l’avons vu de nos yeux, jusqu’où vont l’amour et le pardon de Dieu.

 D’après Marie-Noëlle Thabut dans L’Intelligences des Ecritures.

 

PRIÈRE UNIVERSELLE

R/ Seigneur écoute-nous, Seigneur exauce-nous!

-Souviens-Toi, Seigneur de tous ceux qui ont trouvé le courage de pardonner et de ceux dont la croix était trop lourde pour le faire.

R/ Seigneur écoute-nous, Seigneur exauce-nous!

-Souviens-Toi, Seigneur de tous ceux qui ne trouvent pas de place dans notre monde : les migrants, les révoltés, les sans travail et sans argent.

R/ Seigneur écoute-nous, Seigneur exauce-nous!

-Souviens-Toi, Seigneur de ton Eglise bousculée par de lourds scandales, les victimes et les coupables.

R/ Seigneur écoute-nous, Seigneur exauce-nous

-Souviens-Toi, Seigneur de notre communauté. Que nous soyons signe d’amour et d’action des grâces.

R/ Seigneur écoute-nous, Seigneur exauce-nous

Noël : Jésus abandonné

Déc 08, 18
jerome
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“Vous le reconnaîtrez à ce signe : un nouveau né emmailloté, couché dans une mangeoire !”

Ce signe pour les bergers… pour Nous encore, ici, le même, parce que Jésus, en son humanité, nous dit quelque chose de définitif. Les années ont pu passer. La vie publique est arrivée, et finalement cet autre emmaillotement dans son linceul, et cette autre couche dans le froid du sépulcre… à y regarder de près, le signe reste le même.

La merveille de Dieu pour nous, la merveille de l’homme pour Dieu, c’est ce petit enfant emmailloté, couché, lié, livré, abandonné !

[…] Et voilà précisément que sur ce berceau d’un nouveau-né, tout abandonné, est proclamée la Bonne Nouvelle de la paix pour les hommes que Dieu aime, les hommes de sa bienveillance, de son bon vouloir ! Paix aux hommes qui s’abandonnent à l’amour de Dieu à la façon de Celui-là, « le Fils de complaisance ».

Cela veut dire :

que l’humanité a désormais un visage pour Dieu, celui de ce tout petit enfant, si dépendant en tout, et librement offert pour le demeurer – stade spirituel qui ne saurait être dépassé ; celui où l’Esprit peut nous murmurer sans aucune retenue : Abba ! Père ! […]

que Dieu prend aussi un autre visage pour l’homme : non plus le Tout-Puissant qui s’impose de haut, de loin, mais ce Dieu qui s’abandonne, faible, dépendant, livré au bon vouloir d’une mère, d’une famille, et aussi aux caprices d’un peuple. En Dieu, le Fils n’est que cela entre les mains du Père. Et c’est cela qu’il vient vivre entre nos mains… pour que nous entrions en correspondance de cœur avec Dieu par la petite voie de Noël, celle de l’abandon amoureux au quotidien de l’Éternel… une petite voie pour nous, ici, maintenant !

Bienheureux Christian de Chergé,
extraits de l’homélie pour la messe de minuit, le 24 décembre 1994

Dimanche 2 décembre – 1er dimanche de l’Avent

Déc 04, 18
alain
, ,
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Dimanche 2 décembre 2018 – 1er dimanche de l’Avent.

Messe célébrée au 110 rue de Vaugirard

Textes du dimanche  (cliquer pour voir les textes bibliques de ce dimanche)

Mot d’accueil

Vous êtes tous bienvenus.

          Dimanche 2 décembre, nous entrons dans le temps de l’avent. Nous sommes réunis pour célébrer une « promesse de bonheur » nous dit le prophète Jérémie ( et notre amie Odile Hornik nous l’explique dans le mot d’accueil qu’elle a écrit pour cette célébration en 2012, voir ci-dessous)

          Belle promesse de bonheur à annoncer haut et fort. Au milieu des conditions difficiles de notre réalité à chacun, laissons cette Parole s’épanouir en nous et transformer nos cœurs, pour nous préparer à Noël,  en nous sentant héritiers de cette promesse en tant que fils et filles de Dieu notre Père et Mère.

          En allumant la première bougie de la couronne de l’avent, que le désir de la venue du Sauveur se réveille en nous.

Texte de méditation

« Debout devant le Fils de l’homme »

           Le monde est sombre, le monde est triste, la peur fait partie de la condition humaine : l’Evangile d’aujourd’hui nous le rappelle. Mais, mes amis, sommes-nous rassemblés ce matin pour faire un tel constat de désespoir et nous laisser aller à l’abandon ?

          Non ! Nous sommes ici pour célébrer une « promesse de bonheur », nous dit Jérémie. Un événement vient, le plus extraordinaire, le plus émouvant, le plus heureux qu’il nous sera donné de vivre : Dieu se révèle, Dieu se donne un visage, Dieu nous ressemble ! Cet enfant que nous allons porter pendant quatre semaines, que nous portons tous, qui que nous soyons, nous ne lui avons pas donné la vie, c’est lui qui nous la donne, pour vivre, espérer, croire maintenant, aujourd’hui et pour l’éternité. Nous sommes bien les acteurs choisis pour faire advenir et croître au jour le jour, l’amour de nos frères et sœurs et le meilleur du monde.

          Dans cette chapelle consacrée à Saint Bernard, imprégnons-nous de ce qu’il écrivit il y a 1000 ans déjà :

« L’amour ne veut pas d’autres fruits que lui-même. Son vrai fruit c’est d’être ».

 Odile Hornik, mot d’accueil pour le 1er Dimanche de l’Avent 2012

PRIÈRE UNIVERSELLE

R/ Seigneur, ton amour soit sur nous, comme notre espoir est en toi !

-La promesse du droit et de la justice faite à Jérémie est toujours à recevoir et à mettre en œuvre. Nous connaisons l’immense besoin de droit et de justice de notre monde. Que, avec la force de ton amour, Seigneur, nous nous engagieons en actions concrètes.

R/Seigneur, ton amour soit sur nous, comme notre espoir est en toi !

-En ce mois de décembre, le pape François nous invite à prier avec les personnes engagées au service de l’intelligence de la foi, qu’elles trouvent un langage pour aujourd’hui dans le dialogue entre  les cultures.

R/Seigneur, ton amour soit sur nous, comme notre espoir est en toi !

-En cette période hivernale,  nous te confions, Seigneur, les personnes qui dorment dans la rue,  celles qui ne mangent pas à leur faim, celles qui ne peuvent pas se soigner, celles qui s’inquiètent pour l’avenir, celles qui n’arrivent plus à faire confiance. Sois pour elles la lumière, Seigneur.

R/Seigneur, ton amour soit sur nous, comme notre espoir est en toi !

L’Avent : savoir attendre

Déc 02, 18
jerome
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Méditation de frère Aloïs, prieur de Taizé

Et si le temps de l’Avent venait renouveler l’espérance en nous ? Non pas un optimisme facile qui ferme les yeux sur la réalité, mais cette espérance forte qui jette l’ancre en Dieu et qui permet de vivre pleinement dans l’aujourd’hui.

L’année chrétienne commence par l’Avent, le temps de l’attente. Pourquoi ? Pour nous révéler à nous-mêmes l’aspiration qui nous habite et pour la creuser : le désir d’un absolu, vers lequel chacun tend de tout son être, corps, âme, intelligence, la soif d’amour qui brûle en chacun, du nourrisson jusqu’à la personne âgée, et que même l’intimité humaine la plus grande ne peut pas entièrement apaiser.

Cette attente, nous la ressentons souvent comme un manque ou un vide difficile à assumer. Mais loin d’être une anomalie, elle fait partie de notre personne. Elle est un don, elle nous conduit à nous ouvrir nous-mêmes, elle oriente toute notre personne vers Dieu.

Osons croire que le vide peut être habité par Dieu et que déjà nous pouvons vivre l’attente avec joie. Saint Augustin nous y aide quand il écrit : « Toute la vie du chrétien est un saint désir. Dieu, en faisant attendre, étend le désir ; en faisant désirer, il étend l’âme ; en étendant l’âme, il la rend capable de recevoir… Si tu désires voir Dieu, tu as déjà la foi. »

Frère Roger aimait cette pensée d’Augustin et c’est dans cet esprit qu’il priait : « Dieu qui nous aimes, quand nous avons le désir d’accueillir ton amour, ce simple désir est déjà le commencement d’une foi toute humble. Peu à peu au tréfonds de notre âme s’allume une flamme. Elle peut être toute fragile mais elle brûle toujours. »

La Bible met en valeur le long cheminement du peuple d’Israël et montre comment Dieu a lentement préparé la venue du Christ. Ce qui est passionnant dans la Bible, c’est qu’elle raconte toute l’histoire de l’amour entre Dieu et l’humanité. Cela commence par la fraîcheur d’un premier amour, puis viennent les limites et même les infidélités. Mais Dieu ne se fatigue pas d’aimer, il cherche toujours son peuple. En fait, la Bible est l’histoire de la fidélité de Dieu. « Une femme oublie-t-elle son petit enfant ? Même s’il y en avait une qui oubliait, moi je ne t’oublierai pas. » (Is 49.15)

Lire cette longue histoire peut éveiller en nous le sens des lentes maturations. Parfois nous voudrions tout, tout de suite, sans voir la valeur du temps du mûrissement ! Mais les psaumes nous ouvrent une autre perspective : « Mes temps sont dans ta main, Seigneur. » (Ps. 31.16)

Savoir attendre … Etre là, simplement, gratuitement. Se mettre à genoux pour reconnaître, même avec le corps, que Dieu agit tout autrement que nous l’imaginions. Ouvrir les mains, en signe d’accueil. La réponse de Dieu nous surprendra toujours. En nous préparant à Noël, l’Avent nous prépare à l’accueillir.

Même si nous n’arrivons pas toujours à exprimer notre désir intérieur par des paroles, faire silence est déjà l’expression d’une ouverture à Dieu. Pendant cette période de l’Avent, nous nous rappelons que Dieu lui-même est venu, à Bethléem, dans un grand silence.

Le vitrail de l’Annonciation, qui se trouve dans l’église de Taizé, fait voir la Vierge Marie toute recueillie et disponible, elle se tient en silence dans l’attente que se réalise la promesse de l’ange de Dieu.

Comme la longue histoire qui a précédé le Christ a été le prélude à sa venue sur la terre, de même l’Avent permet pour nous chaque année une ouverture progressive à la présence du Christ en nous. Jésus discerne notre attente comme il a discerné un jour celle de Zachée. Et comme à lui, il nous dit : « Il me faut aujourd’hui demeurer chez toi. » (Luc 19.5)

Laissons naître en nous la joie de Zachée. Alors nos cœurs comme le sien s’ouvriront aux autres. Lui décide de donner la moitié de ses biens aux pauvres. Nous, aujourd’hui, nous savons qu’une grande part de l’humanité a soif d’un minimum de bien-être matériel, de justice, de paix. Pendant le temps de l’Avent, y a-t-il des solidarités que nous pouvons assumer dans notre vie ?

Les textes qui sont lus dans la liturgie pendant l’Avent expriment comme un rêve de paix universelle : « grande paix jusqu’à la fin des lunes » (Ps 72,7), « une paix sans fin » (Is 9,6), une terre où « le loup habite avec l’agneau » et où il n’y a plus de violence (Is 11,1-9).

Ce sont des textes poétiques mais ils réveillent en nous une ardeur. Et nous voyons que « la paix sur la terre » peut germer dans des réconciliations qui s’accomplissent, dans la confiance que les uns retrouvent avec les autres. La confiance est comme un petit grain de moutarde qui va croître et, peu à peu, devenir le grand arbre du règne de Dieu où s’étend une « paix sans fin ». La confiance sur la terre est un humble début de la paix.