Monthly Archives:juin 2020

Sainte Trinité

Juin 06, 20
jerome
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Je reproduis ici l’éditorial de notre doyen, le père Jean-Loup Lacroix, curé de Saint-Suplice.

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Le Père, le Fils et l’Esprit : un seul Dieu. On pourrait penser que le sujet est inactuel. Je suis persuadé du contraire.

Mais évoquons d’abord notre situation. Nous vivons un moment périlleux. Le risque le plus grand n’est pas celui de la reprise de l’épidémie. Nous serons sages quelques semaines encore. Le risque, c’est la division. Trop de stress accumulé nous rend irritables. Et puis, la crise nous a ouvert les yeux. Nous voyons mieux ce qu’il y avait d’insupportable dans notre monde apparemment prospère. Les jeunes crient : « Je ne peux pas respirer. » C’était l’appel à l’aide de George Floyd : ils s’y reconnaissent trop bien.

Que faire ? Beaucoup ont pris la plume pour partager leurs réflexions. Parmi eux, le président de la Conférence des Évêques de France, Mgr Éric de Moulins-Beaufort. D’une plume alerte, il a rédigé une sorte de lettre ouverte au Président de la République. Le texte est incisif. Il ne manque pas d’originalité. Il mérite d’être lu.

Le titre est une citation du livre de l’Ecclésiaste : « Le matin, sème ton grain. » C’est une invitation à ne pas rester sans rien faire alors même que l’on pourrait avoir des raisons de se décourager.

Mgr de Moulins-Beaufort écrit : « L’espérance ultime des chrétiens est que tous les hommes, dans leur nombre immense et dans leur extraordinaire diversité sont appelés à vivre éternellement en communion. » Il explique que c’est cela qui donne sens à tous nos efforts « vers plus d’unité. » Il précise encore : « Tant à l’échelle de la nation qu’à l’échelle internationale, le modèle des relations entre les êtres humains ne devrait pas être le conflit ou la compétition, ni même le commerce. » Quel modèle alors ? La réponse est d’une certaine originalité : l’hospitalité.

Si Dieu est Trinité, nous ne pouvons absolument pas prendre notre parti d’un monde qui renonce à l’unité. Le chacun pour soi n’est pas seulement désastreux par ses conséquences, il est une offense à l’unité de la famille humaine, qui n’est pas un beau rêve, mais la réalité même. Plus profondément, il offense Dieu lui-même. (lire la suite…)

Message à l’occasion de la Pentecôte 2020

Juin 04, 20
alain
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Bonjour à toutes et tous.

Tout d’abord  souhaitons que chacun et chacune ait  surmonté sans gravité les perturbations  amenées par la pandémie.

Après la Pentecôte le calendrier liturgique repart dans le “le temps ordinaire”.
Cette année les chrétiens, accompagnés par le coronavirus, ont vécu le Carême et Pâques dans le confinement.
Avec la fermeture des lieux de culte pour les célébrations nous avons vécu à Paris la situation que connaissent de nombreux chrétiens en France surtout à la campagne depuis des années : église fermée sans célébration hebdomadaire.

Depuis deux ans la Communauté de St. Bernard a affronté cette situation et réussit à maintenir un partage eucharistique mensuel.
Restreints dans nos déplacements durant le confinement nous avons peut-être eu la latitude d’éclaircir notre vision sur la vie d’une communauté chrétienne pour l’annonce de l’Evangile aujourd’hui, notre demande dans le partage eucharistique, nos désirs de responsabilités et d’animation pour tous les baptisés clercs/laïcs… et nous avons observé le comportement des diverses communautés ou paroisses et de leurs pasteurs.
Espérer le retour d’une “pratique ordinaire” serait une erreur. Inspirés par le souffle de l’Esprit comme après la Pentecôte les premiers chrétiens, parlant toutes les langues pour être compris de tous, saurons nous changer nos pratiques après la maîtrise du coronavirus ?

François Cassingena-Tréverdy prêtre bénédictin, moine de St. Martin de Ligugé vient de rédiger une réflexion sur : “Repenser l’Eucharistie au moment où la messe revient”.

Cliquez ici pour prendre connaissance de son texte : 2020 05 23 Eucharistie Cassingena-Treverdy .

Il conclut ainsi :

“Nos églises vont ouvrir à nouveau leurs portes à tous ceux dont nous serons si heureux de revoir le visage et d’entendre la voix au terme de ces longues semaines de séparation. Fais-moi entendre ta voix, car ta voix est douce et ton visage est beau (Ct 2, 14), dit le Seigneur à son Peuple, dit la Parole de Dieu au Peuple de Dieu. Nos églises vont ouvrir bientôt leurs portes : il est temps d’y faire encore un peu de ménage. De nous mettre au clair, surtout, quant à la conception que nous nous faisons de leur finalité, c’est-à-dire de l’Eucharistie que nous y célébrons. Nos églises vont-elles ouvrir seulement pour un entre-soi confortable, pour des cérémonies où le rituel distrait du spirituel, pour la répétition de fadaises et de boniments infantiles, pour l’appel racoleur et tapageur à des émotions fugitives, pour l’entretien exténué et morose de la consommation religieuse ? Ou bien vont-elles s’ouvrir pour un questionnement et un approfondissement de nos énoncés traditionnels, pour une interprétation savoureuse de la Parole de Dieu loin de toute réduction moralisante, pour une ouverture efficace aux détresses sociales, pour une perméabilité réelle aux inquiétudes, aux doutes, aux débats des hommes et des femmes de ce temps, en un mot pour la révolution eucharistique ? Si le temps de confinement et de suspension du « culte  » public nous a permis de prendre la mesure de la distance qui sépare les deux extrêmes de cette alternative, autrement dit du pas que le Seigneur de l’histoire attend de nous, alors, pour parler comme le bon roi Henri, le bénéfice que nous avons retiré valait bien quelques messes… en moins.”

 

 

Faisons part nous aussi de nos réflexions de confinés et échangeons.

En raison des aléas et des contraintes imposées par la protection sanitaire il est difficile d’envisager un partage eucharistique au 110 rue de Vaugirard en juin.
Bonne fête de Pentecôte.
Donnez de vos nouvelles et à bientôt.

Communauté de St. Bernard de Montparnasse.

G. Marin

Hommage à Guy Lafon, aumônier de Saint Bernard de 1994 à 1997

Juin 04, 20
alain
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Le père Guy Lafon est décédé le jeudi 16 avril 2020, à l’âge de 90 ans, en la 59e année de son sacerdoce

Il a été inhumé au cimetière de Clamart (92) dans l’intimité, après un temps de recueillement guidé par le père Marc Dumoulin, ce mardi 21 avril à 11h.

Né à Paris le 5 novembre 1930, universitaire (ENS Ulm 1952, agrégé de lettres classiques en 1955), il est ordonné prêtre pour le diocèse de Paris en 1961, par son maître au petit séminaire de Conflans (94) et ami, le futur cardinal Pierre Veuillot. Théologien, il a accompagné et formé des générations d’étudiants, d’abord comme professeur au séminaire d’Issy-les-Moulineaux (92) de 1965 à 1968, puis comme professeur de théologie dogmatique à l’Institut catholique de Paris, entre 1968 et 1996. Il a aussi été l’aumônier de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm (5e) de 1965 à 1979.

Après 1979, Guy Lafon a exercé différents ministères en paroisse : comme vicaire à Saint-Marcel (13e) de 1981 à 1988, comme chapelain à Saint-Bernard de Montparnasse (15e) de 1994 à 1997, où il a encouragé la communauté à “élargir l’espace de sa tente.” A nouveau à Saint-Marcel (13e) de 1998 à 2004, comme curé, et enfin comme vicaire à Saint-Jean-des-Deux-Moulins (13e) de 2004 à 2016.

De 1981 à 1996 il renoue avec l’enseignement, en classes préparatoires. Le père Guy Lafon entre à la maison Marie-Thérèse au printemps 2019.

Sa passion pour la Bible et l’annonce de la foi l’avait conduit à ouvrir une école de lecture, « la Table de l’Évangile ». De 1994 à 2013, ces ateliers de lecture reprenaient et rendaient accessibles au plus grand nombre les fruits de ses recherches et enseignements en matière de christologie, anthropologie théologale et sciences du langage. Il a publié de nombreux ouvrages, qui ont en commun d’explorer les conditions de possibilité de la foi dans la société contemporaine, en ouvrant à une relation sereine avec l’épistémologie et les exigences du temps présent. Son humanité simple et si généreuse, son intelligence des relations humaines et de la foi ont fait de lui un accompagnateur apprécié, un prédicateur hors pair, un auteur inspirant, et un ami précieux.

Hommage à Guy Lafon

 

De François WEISER

plusieurs messages et textes me sont parvenus aujourd’hui, qui s’adressent à vous toutes et tous.

Le texte prononcé par Marc lors de la mise en terre du corps de Guy

Chers Amis de Guy,

Le chemin d’Emmaüs, c’était le chemin du désespoir. On les imagine bien, ces deux hommes, traînant les pieds sur la route. Ils venaient de vivre un des pires jours de leur vie ! Ce Jésus en qui ils espéraient, il devait libérer Israël, ils avaient espéré qu’il mettrait dehors les Romains. Et voilà que l’espérance s’est effondrée. Le libérateur est mort. Déçus ! Il n’y a plus rien à attendre de Jésus ni de Jérusalem. Ils tournent le dos à la Ville Sainte et rentrent chez eux, en ressassant leur détresse. C’est alors qu’une présence les rejoint sur la route. Ils disent leur dépit à l’étranger. Ils se livrent et lui confient leur peine et leur tristesse. Ils lui racontent les événements que cet étranger feint d’ignorer. Ils sont tellement au fond du trou qu’ils ne comprennent pas ce que dit cet homme. Ils écoutent poliment, comme on écoute quelque chose qui ne nous concerne pas. Même ce qu’ont raconté les femmes n’a pas entamé leur désespoir. Ils les ont laissé dire, comme ils laissent dire celui qui leur explique les événements. Il n’y a plus rien à comprendre ni à espérer. Qui oserait dire que le départ d’un ami comme Guy ne nous laisse pas dans la même tristesse ? Mais, chers Amis, retournons à Emmaüs, à la porte de l’auberge, et faisons nôtre la prière des pèlerins : Reste avec nous ! Une prière difficile en des jours de tristesse, parce que ce sont des mots de confiance. Une prière de pauvre. On la fait dans la peine, mais n’est-ce pas la seule vraie prière, la prière du pauvre ? Comme l’aventure d’Emmaüs aurait été triste si elle s’était terminée à la porte de l’auberge! Pour les pèlerins comme pour nous, reste le signe de la présence et du partage, on vient de l’entendre, Ils le reconnurent. C’est toujours fragile, un signe, mais ça parle sans doute mieux que de beaux discours. Oui, il nous reste la présence mystérieuse de Celui qui vient nous rejoindre, nous ouvrir les Écritures et nous dire, lui le Ressuscité de Pâques, que nous ne sommes pas voués à croupir dans un tombeau, mais qu’il est avec nous, qu’il réconforte nos cœurs meurtris et nous rend l’espérance. Il nous reste la Présence réelle, comme on dit. Leurs yeux s’ouvrirent quand Il rompit le pain. Alors confions Guy à la présence du ressuscité, qu’il l’accueille dans sa paix et son amour.

Amen

Un message de fr. Alois de Taizé

Avec mes frères, nous avons été touchés de recevoir par plusieurs personnes la nouvelle du rappel à Dieu du Père Guy Lafon. Encore tout récemment, il avait dit à certains d’entre vous combien il était proche spirituellement de notre communauté. Nous avons certains de ses livres à Taizé et nous savons toute sa contribution, comme théologien et comme enseignant, à la mise en pratique des enseignements de Vatican II dans l’Église des dernières décennies. En sa mémoire, j’aimerais dire cette prière pascale : Jésus le Christ, tu as vaincu la mort et tu es mystérieusement présent auprès de chacun de nous. Tu nous préserves du découragement et tu nous emplis d’espérance. Ainsi, même avec une foi toute petite, nous oserons le dire par notre vie : « Le Christ est ressuscité ». Bien fraternellement, en communion
fr. Alois Communauté de Taizé Secrétariat F-71250 Taizé +33 3 85 50 30 30 (standard)

secretariat@taize.fr • www.taize.fr

La lettre d’hommage à Guy diffusée par André Fossion pour Lumen Vitae online, en Belgique et dans le monde francophone.

C’est aujourd’hui même qu’est célébrée, par ses proches, dans l’intimité, une Eucharistie autour de Guy Lafon, prêtre, et théologien, décédé le 16 avril dernier à l’âge de 89 ans à la suite d’une infection au Covid 19. Son corps sera déposé au cimetière de Clamart. Nous voudrions ici nous joindre profondément à l’hommage qui lui est rendu et à la prière d’action de grâce qui sera prononcée pour ce qu’il a été, pour sa personne si affable autant que pour son œuvre d’une exceptionnelle hauteur. Nous associons en particulier à cet hommage de nombreux enseignants du cours de religion en Belgique qui ont pu bénéficier, durant les années 70 et 80, de ses cours ou sessions de formation tant à l’Université Catholique de Louvain qu’à l’Université de Namur. Tout en restant engagé dans la pastorale paroissiale, Guy Lafon a enseigné la théologie dogmatique à l’Institut Catholique de Paris. Théologien nourri par la philosophie et les sciences humaines, il est auteur de nombreux ouvrages centrés sur la communication, l’alliance et l’entretien. Il s’est montré, également, comme en témoignent ses écrits, un admirable lecteur de textes évangéliques. Sous sa plume, des textes évangéliques, mille fois lus, prennent, de manière inattendue, une saveur renouvelée.

Voici quelques indications pratiques pour entrer dans son œuvre et la connaître davantage ;

-Guy Lafon, sa vie et sa bibliographie sur Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Lafon

-La théologie selon Guy Lafon. article de Mari Jose Osredkar, dans la Nouvelle Revue Théologique, 2007, n°3,

-La vérité au risque de la parole et de la foi – autour de l’œuvre de Guy Lafon. Entretien sur KTO.

-Guy Lafon, Penser le christianisme

-Guy Lafon. La table de l’Évangile. 300 lectures bibliques. CDRom. Editions de la Nouvelle Alliance.

-Chemins de liberté. Mélanges en l’honneur de Guy Lafon, Éditions de la Nouvelle Alliance, 2011.

Par ailleurs vous trouverez, sans login ni mot de passe, dans les “Nouveautés du mois” du site Lumen online (http://www.lumenonline.net/index.php) une lecture par Guy Lafon du récit évangélique de la rencontre de Jésus et des disciples d’Emmaüs, extraite de La Table de l’Evangile. Ce récit évangélique sera celui de la liturgie de dimanche prochain, 26 avril.

–           Un poème de Rilke auquel Michèle a pensé pour ce jour

Tous mes adieux sont faits.

Tant de départs m’ont lentement formé dès mon enfance.

Mais je reviens encore, je recommence, ce franc retour libère mon regard.

Ce qui me reste, c’est de le remplir, et ma joie toujours impénitente

d’avoir aimé des choses ressemblantes à ces absences qui nous font agir.

  • et un autre d’Yvon Le Men adressé par Christian

Il faut du silence aux mots pour ne pas rayer le chagrin

il faut du silence autour des morts pour entendre leur vie

DeThierry de Rochegonde :

En commençant à transcrire par écrit cet entretien du 13 février que j’avais enregistré, j’ai redécouvert ces vers de Péguy que Guy m’avait récité de mémoire alors que nous évoquions les relations Péguy/ Bergson (j’avais oublié ce beau moment!) :

« Ce qui depuis ce jour est devenu la mort
N’était qu’un naturel et tranquille départ.
Le bonheur écrasait l’homme de toute part.
Le jour de s’en aller était comme un beau port.
 »

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